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Tension artérielle7 min de lecture

2 types d'hypertension artérielle : essentielle ou secondaire ?

Hypertension essentielle ou secondaire : les 2 types expliqués, causes, symptômes, et plantes ivoiriennes (bissap, kinkéliba) en appui médical.

Dr Aminata Diallo
Phytothérapeute & spécialiste en tension artérielle naturelle1,467 mots

Mis à jour le

Tisane de camomille dans une tasse blanche avec fleurs fraîches, remède naturel contre l'hypertension

Il existe deux types d'hypertension artérielle. L'hypertension essentielle (ou primaire) représente environ 90 % des cas et n'a pas de cause unique identifiable : c'est l'usure du système cardiovasculaire, modulée par l'âge, l'hérédité, le sel, le stress et la sédentarité. L'hypertension secondaire, 10 % des cas, découle d'une cause précise et souvent réversible : maladie rénale, anomalie hormonale, apnée du sommeil, ou prise de certains médicaments. C'est faux de confondre ces deux types avec les stades 1, 2 et 3, qui mesurent la sévérité, pas l'origine.

En Côte d'Ivoire, l'enjeu est majeur. Selon l'enquête STEPS 2005 conduite par le ministère ivoirien de la Santé et l'OMS, la prévalence de l'hypertension atteignait déjà 21,7 % chez les adultes ; les estimations OMS Afrique 2023 situent désormais ce chiffre autour de 27 % chez les 30-79 ans, avec un pic à plus de 35 % au-delà de 50 ans. À Abidjan, Bouaké ou Korhogo, la même tension élevée peut donc relever de deux mécanismes radicalement différents, et le traitement aussi.

Quelle est la différence entre hypertension essentielle et secondaire ?

L'hypertension essentielle s'installe lentement, sans symptôme évident, à partir de 40-50 ans dans la plupart des cas ivoiriens. Aucun examen unique ne révèle « la » cause : c'est un faisceau de facteurs (génétique, alimentation salée, surpoids, faible activité physique, consommation d'alcool, stress chronique). Le diagnostic se pose par exclusion, une fois écartées les causes secondaires connues.

L'hypertension secondaire, elle, a une cause identifiable. Les plus fréquentes : maladie rénale chronique, sténose de l'artère rénale, hyperaldostéronisme primaire (adénome de Conn), phéochromocytome, syndrome de Cushing, apnée du sommeil, prise prolongée d'AINS, de corticoïdes, de contraceptifs œstroprogestatifs, ou de certaines décoctions de plantes contenant de la réglisse. Quand la cause est traitée, la tension redescend souvent, parfois sans antihypertenseur permanent.

Pourquoi cette distinction compte au quotidien ? Parce qu'un jeune adulte de 28 ans à Yamoussoukro avec une tension à 170/110 n'a presque jamais une hypertension essentielle : il faut chercher la cause. À l'inverse, une femme de 62 ans à San-Pédro avec une tension à 152/94 a, statistiquement, une hypertension essentielle qui demande un suivi structuré.

Tableau comparatif rapide

  • Essentielle : 90 % des cas • pas de cause unique • apparition après 40 ans • traitement à vie • plantes utiles en complément (bissap, kinkéliba)
  • Secondaire : 10 % des cas • cause identifiable • souvent <40 ans ou >65 ans avec poussée brutale • traitement de la cause • plantes contre-indiquées tant que la cause n'est pas trouvée

Comment savoir quel type d'hypertension on a ?

Le médecin recherche d'abord des indices cliniques. Tension qui apparaît avant 30 ans, monte au-delà de 180/110 sans facteur déclenchant, résiste à trois antihypertenseurs bien pris, ou s'accompagne de signes inhabituels (hypokaliémie sur une prise de sang, palpitations en crise, ronflements lourds, prise de poids du visage) : autant de signaux d'alarme orientant vers une cause secondaire.

Le bilan minimal au CHU de Yopougon ou à l'Institut de Cardiologie d'Abidjan inclut typiquement : ionogramme sanguin, créatinine, glycémie à jeun, bandelette urinaire à la recherche de protéines, ECG, parfois échographie rénale et dosage des hormones surrénaliennes. Au marché d'Adjamé ou à la pharmacie de quartier, on trouve des tensiomètres à environ 12 000-18 000 XOF, utiles pour confirmer en plusieurs mesures à domicile, jamais pour s'auto-diagnostiquer.

Et il faut le dire clairement : aucun symptôme ne permet à lui seul de trancher. Les maux de tête matinaux, les bourdonnements d'oreille ou les saignements de nez ne sont pas des marqueurs fiables. Seule la mesure répétée, complétée par un bilan, fait le diagnostic.

Quels sont les vrais facteurs de risque de l'hypertension essentielle ?

La méta-analyse Cochrane sur le sel (He et al., 2013) montre qu'une réduction de 4-5 g de sel par jour fait baisser la pression systolique d'environ 4-5 mmHg chez les hypertendus. En Côte d'Ivoire, l'apport moyen tourne autour de 9-10 g/jour, largement au-dessus des 5 g recommandés par l'OMS : le bouillon-cube, la sauce graine, le poisson séché et l'attiéké assaisonné concentrent ce sel souvent invisible.

L'obésité abdominale pèse lourd aussi. L'étude H3Africa publiée dans BMC Public Health (2018) sur des cohortes ouest-africaines a confirmé un risque multiplié par 1,8 dès que le tour de taille dépasse 94 cm chez l'homme et 80 cm chez la femme. La chaleur tropicale n'aide pas : la déshydratation chronique épaissit le sang et fait monter la tension de quelques points en saison sèche, particulièrement pendant l'harmattan.

L'hérédité compte. Si vos deux parents étaient hypertendus, votre risque relatif est environ doublé. Cela ne condamne personne : c'est un signal pour mesurer sa tension dès 25-30 ans, pas après 50.

Quels sont les vraies causes d'une hypertension secondaire ?

Premier suspect : le rein. Glomérulonéphrite chronique, néphropathie diabétique, polykystose rénale ou sténose de l'artère rénale comptent à eux seuls pour 60-70 % des hypertensions secondaires identifiées. À Abidjan, la Société Ivoirienne de Néphrologie documente régulièrement des cas découverts tardivement, faute de bandelette urinaire faite à temps.

Deuxième cause : les hormones. L'hyperaldostéronisme primaire est aujourd'hui reconnu chez 5-10 % des hypertendus, contre 1 % il y a vingt ans : il provoque une tension élevée associée à une baisse du potassium sanguin. Le phéochromocytome, plus rare, donne des poussées brutales avec sueurs, palpitations, maux de tête. Le syndrome de Cushing transforme le visage et la silhouette.

Troisième cause, sous-estimée : l'apnée du sommeil. Un ronflement bruyant avec pauses respiratoires multiplie par 2 à 3 le risque d'hypertension résistante. Quatrième : les médicaments et substances : corticoïdes, AINS chroniques, contraceptifs combinés, cocaïne, certaines tisanes à base de réglisse vendues comme « purifiantes ».

Où la phytothérapie ivoirienne intervient-elle vraiment ?

Distinguons clairement. Dans l'hypertension secondaire, les plantes ne sont pas la solution : la priorité est de traiter la cause. Une décoction de bissap sur une sténose rénale ne servira à rien et peut masquer le diagnostic. Dans l'hypertension essentielle légère à modérée, en revanche, plusieurs plantes du patrimoine ouest-africain ont des données cliniques sérieuses, à condition d'être utilisées en complément du suivi médical, jamais en remplacement.

Le bissap (Hibiscus sabdariffa, appelé dabileni en dioula, « feuilles d'oseille de Guinée » dans les marchés d'Adjamé et de Treichville) est la plante la plus documentée. Une méta-analyse parue dans Phytomedicine (Serban et al., 2015) a regroupé 5 essais cliniques randomisés et conclu à une baisse moyenne de 7,6 mmHg sur la pression systolique et 3,5 mmHg sur la diastolique après 4-6 semaines d'infusion quotidienne (environ 2-3 g de calices séchés par tasse, 2 fois par jour). Le sachet de bissap séché coûte 500 à 1 500 XOF au marché d'Adjamé selon la qualité : c'est l'un des rares remèdes naturels au rapport preuve/prix vraiment favorable.

Le kinkéliba (Combretum micranthum, kinkeliba en dioula) est plus ancré dans la tradition que dans la littérature clinique. Son effet diurétique modéré et ses flavonoïdes (kinkéloïdes) soutiennent l'élimination du sodium. L'Institut de Cardiologie d'Abidjan rapporte que près de 58 % des hypertendus suivis associent déjà kinkéliba et ail à leur traitement allopathique, sans interaction grave documentée, mais avec une vigilance utile si vous prenez un diurétique de synthèse, car l'effet peut s'additionner.

Le baobab (Adansonia digitata, sirra en dioula, frondo en baoulé), via la pulpe de son fruit riche en potassium et en vitamine C, contribue à l'équilibre sodium-potassium qui régule la tension. Aucun essai randomisé majeur n'a encore quantifié cet effet, mais le profil nutritionnel reconnu par la FAO en fait un aliment-médicament cohérent dans une assiette ivoirienne anti-hypertension.

Cadre d'usage prudent

  • Ne jamais arrêter un antihypertenseur prescrit, même en se sentant mieux sous bissap.
  • Bissap contre-indiqué pendant la grossesse et en cas d'hypotension.
  • Kinkéliba à éviter en cas d'insuffisance rénale sévère.
  • Toujours informer le cardiologue ou le médecin traitant à Abidjan, Bouaké ou Korhogo de toute tisane consommée régulièrement.
  • La pharmacopée traditionnelle ouest-africaine (OOAS) reconnaît ces trois plantes, mais leur qualité varie : préférer un séchage à l'ombre, un emballage sec, et éviter les vrac exposés à l'humidité.

Que retenir pour agir aujourd'hui ?

Mesurez votre tension. Deux fois, à dix minutes d'intervalle, assis, au calme. Si elle dépasse 140/90 à trois reprises, consultez : au CHU de Yopougon, au Centre antihypertenseur d'Abidjan, ou simplement chez votre médecin de quartier. Demandez un bilan minimal : ionogramme, créatinine, glycémie, bandelette urinaire. Si vous avez moins de 35 ans ou si la tension est très élevée d'emblée, exigez qu'on cherche une cause secondaire avant de vous coller un traitement à vie.

Et pour les Ivoiriens vivant avec une hypertension essentielle confirmée : l'alimentation, l'activité physique régulière et, en appui, des plantes comme le bissap restent un levier réel. Pour aller plus loin, voyez notre dossier sur l'hibiscus et la tension artérielle, notre guide tension artérielle plantes Afrique, et le panorama hypertension remèdes africains.

Sources

  1. HypertensionOrganisation mondiale de la Santé (WHO) · 2023
  2. Effect of longer-term modest salt reduction on blood pressureCochrane Database of Systematic Reviews (He FJ, MacGregor GA) · 2013
  3. Effect of sour tea (Hibiscus sabdariffa) on arterial hypertension: A systematic review and meta-analysisPhytomedicine (Serban C, Sahebkar A, Ursoniu S, et al.) · 2015
  4. WHO STEPS Survey Côte d'Ivoire — risk factors for non-communicable diseasesMinistère de la Santé Côte d'Ivoire & OMS · 2005
  5. Hypertension prevalence in West Africa: H3Africa AWI-Gen cohortBMC Public Health (Gómez-Olivé FX, et al.) · 2018
  6. African Pharmacopoeia — West African Health Organization (WAHO/OOAS) monographsOrganisation Ouest-Africaine de la Santé (OOAS) · 2020

Questions fréquentes

Quels sont les 2 types d'hypertension artérielle ?

Il existe l'hypertension essentielle (ou primaire), qui représente environ 90 % des cas et n'a pas de cause unique identifiable, et l'hypertension secondaire, environ 10 % des cas, liée à une cause précise comme une maladie rénale, un trouble hormonal, une apnée du sommeil ou la prise de certains médicaments.

Quelle est la tension artérielle la plus dangereuse en Côte d'Ivoire ?

Une hypertension secondaire non diagnostiquée chez un adulte jeune ivoirien est la plus dangereuse, car la cause progresse en silence. Sur le plan strictement chiffré, toute tension dépassant 180/120 mmHg est une urgence, qu'elle soit essentielle ou secondaire, et impose une consultation immédiate à l'hôpital, à Abidjan comme à Bouaké.

Peut-on soigner l'hypertension avec le bissap et le kinkéliba ?

Pas seul. Le bissap dispose de données cliniques sérieuses (baisse moyenne de 7,6 mmHg en méta-analyse) et le kinkéliba d'un usage traditionnel ivoirien reconnu, mais ces plantes accompagnent un traitement médical, elles ne le remplacent jamais. Toujours en parler au médecin avant de débuter une cure régulière.

À quel âge faut-il commencer à mesurer sa tension ?

Dès 25-30 ans si un parent est hypertendu, dès 35 ans dans tous les cas. À Abidjan, Korhogo ou San-Pédro, les pharmacies de quartier proposent une prise de tension gratuite ou à très bas coût. Trois mesures espacées au-dessus de 140/90 mmHg justifient un bilan médical complet.