Diaa al-Din Shalabi Al-Awadi (1979-2026) était un anesthésiste-réanimateur égyptien devenu influenceur santé. Sa licence médicale a été révoquée par le Syndicat des médecins égyptiens le 10 mars 2026. Il est décédé le 19 avril 2026 à Dubaï d'un arrêt cardiaque. Le 3 mai 2026, l'Égypte a interdit la diffusion de tous ses contenus [6].
Révisé médicalement par : Ibrahim Coulibaly, nutritionniste diplômé de l'Université d'Abidjan-Cocody, spécialiste alimentation africaine
Dernière mise à jour : 24 mai 2026
⚕️ Avis médical : Article informatif. Consultez un professionnel avant tout protocole, surtout en cas de grossesse, allaitement, diabète, hypertension ou traitement chronique. Ne jamais interrompre un traitement médical sans avis de votre médecin. Détails en fin d'article.
Qui était Diaa Al-Awadi exactement ?
Diaa al-Din Shalabi Mohamed al-Awadi est né en 1979 en Égypte. Médecin anesthésiste-réanimateur de formation, il est devenu progressivement une figure médiatique entre 2020 et 2026, accumulant deux millions d'abonnés sur Facebook et 340 000 sur YouTube. Il est décédé le 19 avril 2026 à Dubaï à l'âge de 47 ans [1].
Son protocole, le régime Tayibat, est devenu viral au Maghreb et dans le Golfe entre 2023 et 2026. La mort soudaine du fondateur n'a pas freiné la diffusion ; au contraire, ses vidéos circulent en boucle sur TikTok et Instagram Reels, parfois doublées en darija marocaine.
Pour le contexte complet du régime qu'il a créé, consultez notre guide général du régime Tayibat.
Quelle était sa formation médicale initiale ?
Al-Awadi a été formé comme anesthésiste-réanimateur, spécialité hospitalière classique en Égypte. Cette formation centre l'apprentissage sur la pharmacologie aiguë, la gestion des voies aériennes et la surveillance des constantes vitales en bloc opératoire et en soins intensifs.
Aucune partie de cette formation ne porte sur la nutrition clinique, la diététique thérapeutique, l'endocrinologie chronique ou la médecine préventive, domaines où il s'est pourtant prononcé publiquement avec autorité [1].
Cette inadéquation entre sa formation réelle (anesthésie) et son champ d'expression public (nutrition, diabète, cancer) est l'un des arguments avancés par le Syndicat des médecins égyptiens pour justifier le retrait de sa licence.
Comment est-il devenu influenceur santé viral ?
Al-Awadi a commencé à publier sur Facebook au début des années 2020, en mélangeant arguments religieux (versets coraniques sur l'alimentation), discours pseudo-scientifique (« insuline frauduleuse », « inflammation silencieuse ») et témoignages clients. Sa pédagogie directe, son ton sûr et son habit médical ont rapidement séduit une audience arabophone et francophone [3].
La viralité a explosé en 2023-2024 avec le format YouTube Shorts et TikTok. Ses clips de 60 secondes, souvent extraits de conférences plus longues, se sont propagés sur les comptes WhatsApp familiaux, particulièrement au Maroc, en Tunisie, en Algérie et dans le Golfe.
Au pic de sa notoriété en 2026, il comptait plus de deux millions d'abonnés Facebook, 340 000 sur YouTube et était omniprésent sur Instagram Reels et TikTok par republication d'extraits.
Pourquoi sa licence médicale a-t-elle été révoquée en mars 2026 ?
Le 10 mars 2026, le Syndicat des médecins égyptiens a révoqué sa licence après plusieurs plaintes documentées. Les motifs principaux : déclarations publiques affirmant que « le tabac n'est pas nocif », que « l'insuline est une fraude » et que « le sucre n'est pas dangereux », contredisant frontalement le consensus médical mondial [1].
Le Syndicat a également documenté plusieurs cas de patients ayant arrêté leur insuline ou leur traitement anticancéreux sur la base de ses conseils, avec des conséquences médicales graves voire mortelles. Le Le Matin marocain et Mieux Vivre ont relayé largement ces alertes [3].
Privé de licence, Al-Awadi a continué à publier en se présentant comme « consultant en nutrition », ce qui n'a pas freiné sa portée sur les réseaux sociaux mais a affaibli son autorité auprès de la communauté médicale égyptienne.
Comment est-il décédé en avril 2026 ?
Diaa Al-Awadi est décédé le 19 avril 2026 dans un hôtel de Dubaï. La cause officielle annoncée par sa famille et confirmée par les autorités émiraties est un arrêt cardiaque à 47 ans. Une partie de la famille a publiquement contesté cette version sans apporter d'éléments probants [1].
L'annonce a déclenché une vague d'hommages chez ses adeptes et un nouveau pic de viralité de ses vidéos. Paradoxalement, sa mort a relancé la diffusion du régime plutôt que de la freiner, ses partisans interprétant le décès comme une persécution divine ou pharmaceutique selon les courants.
Les médecins maghrébins ont rappelé après son décès qu'un arrêt cardiaque à 47 ans, chez un homme prônant publiquement un régime hyper-gras avec exclusion des fibres et des fruits, mérite réflexion sur la cohérence du protocole.
Pourquoi l'Égypte a-t-elle interdit la diffusion de ses contenus le 3 mai 2026 ?
Le 3 mai 2026, le Conseil suprême égyptien de régulation des médias a publié une décision interdisant la diffusion de tous les contenus audiovisuels du Dr Al-Awadi sur le territoire égyptien. Cette interdiction couvre les chaînes de télévision, les plateformes vidéo et les comptes officiels [6].
Les motifs avancés : protection de la santé publique, multiplication des cas de patients ayant arrêté leur traitement, et risque de désinformation médicale à grande échelle. L'interdiction est sans précédent en Égypte pour un influenceur santé.
En pratique, ses vidéos circulent toujours sur les plateformes internationales et via les comptes de ses partisans hors d'Égypte. L'interdiction a un effet symbolique fort mais une efficacité réelle limitée.
Que reste-t-il de son influence aujourd'hui ?
L'influence d'Al-Awadi survit à sa mort sous une forme décentralisée. Ses vidéos sont republiées en boucle par des comptes Facebook, TikTok et Instagram dans tout le Maghreb et le Golfe, souvent doublées ou sous-titrées. Une économie de coachs sans diplôme s'est développée autour du protocole, vendant ebooks, plans repas et abonnements WhatsApp [2].
Sa mort a rendu le mouvement plus difficile à contester frontalement : critiquer le régime expose désormais à l'accusation de critiquer un défunt. Les médecins maghrébins maintiennent malgré tout leurs alertes publiques, particulièrement sur les arrêts de traitement.
Pour une vue d'ensemble des risques médicaux documentés, consultez notre dossier sur les dangers du régime Tayibat.
