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Tension artérielle

Alimentation pour le cœur au Cameroun : sel, potassium et plats locaux

au Cameroun

Comment adapter votre alimentation camerounaise pour protéger votre tension artérielle : sel, potassium, ndolé, plantain et plats du quotidien.

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Huile d'olive versée dans un bol avec olives vertes, alimentation cardio-saine pour réguler la tension

Alimentation cardio-saine — Cameroun

Le sel caché dans les plats camerounais : ce qu'il faut savoir

Mis à jour le 6 mai 2026

Au Cameroun, l'hypertension touche près d'un adulte sur trois en zone urbaine selon les données du CHU de Yaoundé, et l'excès de sel reste l'un des facteurs les plus sous-estimés. L'Organisation mondiale de la santé recommande de ne pas dépasser 5 grammes de sel par jour, soit environ une cuillère à café rase. Or, dans une journée typique à Douala ou à Yaoundé, on dépasse facilement 8 à 10 grammes sans s'en rendre compte.

Les sources cachées sont nombreuses : cubes Maggi et Jumbo (un seul cube apporte près de 2 g de sel), poisson fumé du marché Mokolo, viandes salées (kpem, kilishi du Nord), pain de mie industriel, sauces préparées à base de crevettes séchées. Le riz sauce graine, le ndolé restaurant ou le poulet DG en gargote contiennent souvent l'équivalent de la dose quotidienne en une seule assiette.

La règle simple à adopter : remplacer progressivement le bouillon cube par un mélange maison à base d'ail, oignon, gingembre, basilic africain (massépo en Bamiléké) et persil. Goûter avant de saler. Et lire les étiquettes : sur le marché de Mfoundi, certains cubes locaux moins salés se vendent autour de 25 FCFA pièce, à privilégier face aux marques importées plus riches en sodium.

Le potassium, l'allié oublié : où le trouver dans l'assiette camerounaise

Là où le sel fait monter la tension, le potassium aide à la faire redescendre. Le rapport entre les deux compte autant que la quantité absolue. Bonne nouvelle pour la cuisine camerounaise : nos aliments traditionnels en sont naturellement riches, à condition de les cuisiner sans excès de sel et sans trop de friture.

Le plantain mûr bouilli reste l'une des meilleures sources, avec environ 500 mg de potassium pour 100 g. Le manioc, le macabo, l'igname et la patate douce suivent de près. Côté légumes-feuilles, le ndolé (feuilles de Vernonia amygdalina), le folon, l'okok et les feuilles de manioc dépassent largement les apports recommandés. La tomate fraîche du marché de Bafoussam, la banane douce, l'avocat de saison et le haricot rouge complètent le tableau.

Concrètement, viser deux portions de légumes-feuilles par jour et remplacer une partie du riz blanc par du plantain bouilli ou du macabo. Une assiette de ndolé sans peau de bœuf grasse, accompagnée de plantain mûr, peut couvrir plus de la moitié des besoins quotidiens en potassium. Attention toutefois : en cas d'insuffisance rénale connue ou de prise de certains diurétiques, ce conseil ne s'applique pas — un avis médical au CHU de Yaoundé ou auprès du médecin traitant reste indispensable.

Les plats du quotidien : adapter sans renoncer à la tradition

Manger camerounais et protéger son cœur n'est pas incompatible. La sagesse de nos grands-mères bamiléké, qui cuisinaient à l'huile rouge en petite quantité et privilégiaient les feuilles fraîches, rejoint aujourd'hui les recommandations cardiologiques. Le foléré (bissap, infusion d'hibiscus sabdariffa) consommé sans sucre est même reconnu pour soutenir une tension artérielle équilibrée — plusieurs études cliniques internationales confirment cet effet.

Quelques ajustements simples transforment l'assiette : préférer le poisson grillé (machoiron, capitaine du marché de Douala) à la viande rouge frite, cuisiner le ndolé avec moins d'huile d'arachide et sans peau, alléger la sauce gombo, troquer le riz blanc pour le couscous de manioc ou le bobolo nature. Le foléré du Nord se prépare facilement à la maison : une poignée de fleurs séchées (environ 500 FCFA les 100 g au marché de Mokolo) infusées dix minutes dans un litre d'eau chaude, à boire frais sur la journée.

Limiter les fritures, marcher trente minutes par jour malgré la chaleur de Douala, surveiller son tour de taille et faire mesurer sa tension au moins deux fois par an en pharmacie : ces gestes simples, combinés à une alimentation locale équilibrée, font une différence mesurable.

Dr Aminata Diallo
Phytothérapeute & spécialiste en tension artérielle naturelle

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Questions fréquentes

Quelle quantité de sel par jour est recommandée pour une personne hypertendue au Cameroun ?

L'OMS et les cardiologues du CHU de Yaoundé recommandent moins de 5 grammes de sel par jour, soit environ une cuillère à café rase. Pour une personne déjà hypertendue, viser 4 grammes est encore mieux. Cela suppose de réduire les cubes Maggi, le poisson fumé et les sauces préparées.

Le foléré (bissap) fait-il vraiment baisser la tension ?

Oui, plusieurs études cliniques montrent qu'une consommation régulière d'infusion d'hibiscus sabdariffa, sans sucre, peut faire baisser la tension systolique de 7 à 10 mmHg en quelques semaines. Ce n'est pas un substitut au traitement médical mais un complément utile, validé scientifiquement.

Puis-je continuer à manger du ndolé si j'ai de l'hypertension ?

Absolument. Le ndolé reste un excellent plat : ses feuilles sont riches en potassium et en antioxydants. La précaution porte sur la préparation : réduire l'huile d'arachide, retirer la peau du bœuf, limiter la pâte de crevettes salée et remplacer le cube par des aromates frais comme l'ail et le basilic africain.

Quels aliments éviter absolument en cas de tension élevée ?

Limiter fortement les cubes industriels, le poisson fumé très salé, le kilishi, les charcuteries, les chips, les sauces toutes prêtes et les boissons sucrées. Réduire aussi les fritures à l'huile de palme et l'alcool, qui aggravent la tension. Privilégier les cuissons à l'eau, à la vapeur et les légumes-feuilles frais.

À partir de quel âge faut-il surveiller sa tension au Cameroun ?

Dès 35 ans, un contrôle annuel en pharmacie ou en centre de santé est conseillé, surtout en cas d'antécédents familiaux. Après 50 ans, deux mesures par an deviennent indispensables. Tout maux de tête persistant, vertiges ou bourdonnements d'oreilles justifient une consultation rapide chez un médecin.

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