La feuille d'olivier (warqa dyal zzitoun — ورق الزيتون), riche en oléuropéine, peut abaisser la tension d'environ 11/4 mmHg selon un essai randomisé (Susalit et al., Phytomedicine, 2011). Au Maroc, où 29,3 % des adultes sont hypertendus (ENFR, Ministère de la Santé, 2021), c'est un complément, jamais un substitut au traitement médical.
Révisé médicalement par : Dr Aminata Diallo, Phytothérapie clinique (Université Cheikh Anta Diop) · Spécialiste tension artérielle · Médecine traditionnelle africaine
Dernière mise à jour : 15 juillet 2026
⚕️ Avis médical : Article informatif. Consultez un professionnel avant tout protocole, surtout en cas de grossesse, allaitement ou traitement (antidiabétiques, anticoagulants). Détails en fin d'article.
Dans le Coran, l'olivier est un arbre béni. La sourate At-Tin s'ouvre sur ce serment : « والتين والزيتون » (« Par le figuier et l'olivier »). Cette révérence n'est pas qu'un symbole. Chez l'attar (عطّار) du quartier, on vend depuis toujours la feuille d'olivier (warqa dyal zzitoun, ورق الزيتون) séchée, en vrac, au poids, comme remède de grand-mère (dwa dyal jedda) contre la tension. Et la science moderne finit par lui donner raison.
Au Maroc, l'hypertension touche 29,3 % des adultes (Enquête nationale sur les facteurs de risque, Ministère de la Santé, 2021). C'est la première cause de consultation cardiovasculaire. Les femmes paient un tribut particulièrement lourd. Ce guide répond à une question précise : la feuille d'olivier peut-elle vraiment aider, et comment la préparer sans se tromper.

Pourquoi la feuille d'olivier agit-elle sur la tension ?
Le principe actif porte un nom : l'oléuropéine. Ce polyphénol amer se concentre dans la feuille, bien plus que dans le fruit ou dans l'huile. Il détend la paroi des artères et se comporte comme un inhibiteur naturel de l'enzyme de conversion (activité type inhibiteur de l'ACE), le même mécanisme que certains médicaments courants (Khayyal et al., Arzneimittelforschung, 2002).
L'oléuropéine a aussi un effet antioxydant. Elle protège la couche interne des vaisseaux, l'endothélium, dont la bonne santé conditionne une pression stable. Une revue de pharmacologie (Hassen et al., Journal of Functional Foods, 2015) relie cet effet protecteur à la baisse de tension observée en clinique. La feuille agit donc sur deux fronts : elle relâche les artères et elle limite l'inflammation qui les rigidifie.
Ce n'est pas de la magie. L'effet reste modeste et progressif. Il faut plusieurs semaines pour le mesurer. Mais il est réel, chiffré, reproductible.
Que disent vraiment les études cliniques ?
L'essai de référence est marquant. Susalit et ses collègues (Phytomedicine, 2011) ont comparé un extrait de feuille d'olivier au captopril, un médicament antihypertenseur bien connu, chez 232 patients pendant huit semaines. Résultat : une baisse d'environ 11,5 mmHg sur la systolique dans les deux groupes. La plante a tenu tête au médicament, ce qui reste rare en phytothérapie.
Une méta-analyse plus récente (de Bock et al., PLOS One, 2013) confirme une baisse moyenne de la pression chez les personnes préhypertendues. Un autre essai croisé (Lockyer et al., European Journal of Nutrition, 2017) a mesuré une réduction de la systolique après six semaines d'extrait de feuille.
L'effet reste plus faible que celui des traitements de fond, et il varie d'une personne à l'autre. Voilà la vérité honnête : c'est un soutien sérieux, pas un remplaçant. Certains répondent bien, d'autres à peine, et on ignore encore pourquoi.

Comment préparer la tisane de feuilles d'olivier (dose et durée) ?
Voici la préparation qui répond aux questions les plus posées. La précision compte, car une infusion trop faible ne sert à rien et une décoction bien menée libère l'oléuropéine.
- Quantité : une cuillère à soupe de feuilles séchées, soit environ 5 grammes, pour une tasse de 250 ml.
- Méthode : portez l'eau à ébullition, jetez-y les feuilles, laissez bouillir 3 minutes, puis couvrez et laissez infuser 10 minutes hors du feu.
- Fréquence : deux tasses par jour, une le matin, une en fin d'après-midi.
- Durée : une cure de six à huit semaines, avec un contrôle de la tension au tensiomètre.
Le goût est franchement amer, presque médicinal. Un peu de miel de jujubier ou une feuille de menthe (naânaâ) adoucit la tasse sans annuler l'effet. Évitez le sucre blanc, contre-productif pour la tension. La tisane est végétale, sans alcool et sans gélatine : elle reste halal par nature, un point qui rassure de nombreuses familles marocaines.
Où trouver les feuilles ? Chez n'importe quel attar, en vrac, sans ordonnance. Le terroir oléicole marocain (Meknès, Sefrou, Beni Mellal) fournit des feuilles fraîchement séchées, souvent issues de la même récolte que l'huile d'olive locale. Choisissez-les vert-gris, entières, sans poussière ni moisissure, et conservez-les dans un bocal à l'abri de la lumière.
Faut-il préférer l'huile d'olive ou la feuille ?
Les deux, mais pour des raisons différentes. La feuille concentre l'oléuropéine et vise directement la tension en cure courte. L'huile d'olive vierge, elle, agit sur le long terme grâce à ses polyphénols et à ses acides gras mono-insaturés.
Le grand essai PREDIMED (Estruch et al., New England Journal of Medicine, 2018, n=7 447) a montré qu'un régime méditerranéen riche en huile d'olive vierge extra réduit les accidents cardiovasculaires. Au Maroc, remplacer le beurre par deux à trois cuillères d'huile beldi crue par jour est un geste simple, peu coûteux et cohérent avec la cuisine locale. La feuille en cure, l'huile au quotidien : les deux se complètent bien.
Quelles précautions et quels risques ?
La feuille d'olivier fait baisser la tension. C'est justement le point de vigilance si vous prenez déjà un traitement.
Associée à un antihypertenseur, elle peut provoquer une baisse trop forte, avec vertiges et fatigue (hypotension). Elle abaisse aussi la glycémie : prudence chez les personnes sous antidiabétiques (Wainstein et al., Journal of Medicinal Food, 2012). Femmes enceintes ou allaitantes : par sécurité, on s'abstient faute de données suffisantes. En cas de calculs biliaires, demandez un avis médical, car la plante stimule la vésicule.
La règle d'or reste simple. On n'arrête jamais son médicament pour une tisane. On en parle à son médecin, qui pourra vérifier la tension et ajuster la dose si besoin. La feuille d'olivier accompagne le traitement marocain de l'HTA, elle ne le remplace pas. Gardez un carnet de vos chiffres de tension : c'est le meilleur moyen de voir si la cure vous aide vraiment.

Quelles autres plantes marocaines soutiennent la tension ?
La feuille d'olivier n'est pas seule. Le karkadé (hibiscus) a montré une baisse comparable au captopril dans un essai clinique (Herrera-Arellano et al., Phytomedicine, 2004). L'ail (thoum) apporte l'allicine, vasodilatatrice, avec des méta-analyses convaincantes. La nigelle noire (habba sawda, حبة السوداء), remède de haute confiance au Maghreb, agit via la thymoquinone.
Chacune a ses données et ses limites. Le romarin (azir), par exemple, peut relever la tension à forte dose : tout ce qui est naturel n'est pas anodin. Croisez ces plantes avec l'avis de votre médecin plutôt que de les empiler à l'aveugle.
| Plante | Nom local | Principe actif | Niveau de preuve |
|---|---|---|---|
| Feuille d'olivier | warqa dyal zzitoun | Oléuropéine | Essai vs captopril |
| Karkadé | hibiscus | Anthocyanes | Essai vs captopril |
| Ail | thoum | Allicine | Méta-analyses |
| Nigelle noire | habba sawda | Thymoquinone | Petits essais |
Avertissement médical
Cet article a une visée informative et ne remplace pas une consultation médicale. La feuille d'olivier est un complément, jamais un substitut à un traitement antihypertenseur prescrit. N'arrêtez et ne modifiez aucun médicament sans l'accord de votre médecin.
Précautions particulières : effet additif possible avec les antihypertenseurs (risque d'hypotension), baisse de la glycémie chez les personnes sous antidiabétiques, et interactions possibles avec les anticoagulants pour l'ail et la nigelle. En cas de grossesse, d'allaitement ou de calculs biliaires, abstenez-vous ou demandez un avis médical. Contrôlez votre tension au tensiomètre pendant toute cure.
