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Diabète & glycémie13 min de lecture

Diabète gestationnel : symptômes, risques et assiette africaine

Le diabète gestationnel passe souvent inaperçu. Signes, dépistage, risques pour le bébé, ajustements pour l'attiéké, le placali ou le foutou, et pourquoi recontrôler la glycémie après la naissance.

Kofi Mensah
Rédacteur santé — diabète & plantes hypoglycémiantes2,819 mots
Assiette d'attiéké avec poisson frit, tomate, oignon et piments : adapter les portions en cas de diabète gestationnel
Table des matières (10)
  1. Pourquoi le diabète gestationnel apparaît-il pendant la grossesse ?
  2. Quels sont les symptômes d'un diabète gestationnel ?
  3. Comment le diagnostic est-il posé ?
  4. Quels sont les risques du diabète gestationnel pour la mère et le bébé ?
  5. Que change le diabète gestationnel dans une assiette ouest-africaine ?
  6. Comment tenir son assiette quand toute la famille mange ensemble ?
  7. Quelles plantes éviter pendant une grossesse avec diabète ?
  8. Quand faut-il un traitement par insuline ou metformine ?
  9. Pourquoi recontrôler la glycémie après l'accouchement ?
  10. Quels signes imposent une consultation rapide ?

Le diabète gestationnel se dépiste par une prise de sang, rarement par des symptômes. L'alimentation est la première mesure : moins d'attiéké, de riz ou de foutou aide à limiter la glycémie, sous suivi médical, parfois avec un médicament. Après l'accouchement, le risque de diabète de type 2 est environ dix fois plus élevé (Vounzoulaki et al., BMJ, 2020).

Rédigé et relu en interne par la rédaction SantéSource. Ce contenu n'a pas été revu par un professionnel de santé et ne remplace pas un avis médical.

⚕️ Avis médical : Article informatif. Consultez un professionnel avant tout protocole, surtout en cas de grossesse, allaitement ou traitement (antidiabétiques, anticoagulants). Détails en fin d'article.

On vous annonce un « sucre un peu haut » à la consultation prénatale, et la première question arrive vite : qu'est-ce que je mange maintenant ? Les fiches que l'on trouve en ligne parlent de baguette et de viennoiseries. Votre assiette, elle, contient de l'attiéké, du placali, du foutou, du riz gras ou du couscous. Cet article part de cette assiette-là.

Il explique aussi ce que les brochures résument en une ligne : pourquoi la glycémie doit être recontrôlée après la naissance, même quand tout semble rentré dans l'ordre.

Pourquoi le diabète gestationnel apparaît-il pendant la grossesse ?

Le placenta fabrique des hormones qui rendent le corps de la mère moins sensible à l'insuline. C'est normal : cela laisse plus de sucre disponible pour le bébé. Le pancréas compense en produisant davantage d'insuline. Quand il n'y arrive plus, le sucre s'accumule dans le sang. C'est le diabète gestationnel, qui se révèle en général au deuxième trimestre.

Certaines femmes sont plus exposées : surpoids avant la grossesse, âge plus avancé, diabète chez un parent proche, gros bébé lors d'une grossesse précédente, ou plaques sombres au cou, signe d'un excès d'insuline décrit dans notre article sur l'acanthosis nigricans. Aucun de ces facteurs n'est une faute. Ils justifient simplement un contrôle plus précoce.

Le point qui compte : il n'existe pas de seuil « sans danger ». L'étude HAPO a suivi plus de 23 000 femmes enceintes dans neuf pays. Plus la glycémie maternelle montait, même sous les seuils du diabète, plus le risque de bébé trop gros augmentait, sans palier net (Metzger et al., HAPO, NEJM, 2008) [1]. Le taux d'insuline du bébé, mesuré au cordon, suivait la même pente (Metzger et al., HAPO, NEJM, 2008) [1].

Schéma : les hormones du placenta réduisent l'effet de l'insuline, le pancréas compense, puis le sucre s'accumule quand il n'y arrive plus
Comment la grossesse peut faire monter la glycémie de la mère.

Quels sont les symptômes d'un diabète gestationnel ?

Dans la grande majorité des cas, aucun. C'est ce qui le rend trompeur. Quand des signes existent, ils se confondent avec la grossesse elle-même :

  • une soif inhabituelle, qui pousse à boire beaucoup (souvent des jus ou du bissap sucré, ce qui aggrave le problème) ;
  • des envies d'uriner très fréquentes, y compris la nuit ;
  • une fatigue plus lourde que prévu ;
  • des mycoses vaginales qui reviennent ;
  • un ventre qui grossit plus vite que le terme ne le voudrait, ou trop de liquide autour du bébé à l'échographie.

Ces mêmes signes, chez une femme non enceinte, sont décrits dans notre article sur les symptômes du diabète de type 2 chez la femme africaine. La conclusion pratique est la même : on ne se fie pas à son ressenti. On demande une analyse.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Le test de référence est l'hyperglycémie provoquée par voie orale : on boit 75 g de glucose à jeun, puis on mesure la glycémie à trois moments. Le consensus de l'IADPSG retient le diagnostic dès qu'une seule valeur atteint le seuil : 0,92 g/L à jeun, 1,80 g/L à une heure ou 1,53 g/L à deux heures (IADPSG, Diabetes Care, 2010) [2]. Le test se fait en général entre la 24e et la 28e semaine.

Dans beaucoup de villes, ce test n'est pas proposé à toutes les femmes, ni gratuit. Si votre sage-femme ne le mentionne pas et que vous avez un facteur de risque, demandez-le. À défaut, une glycémie à jeun au laboratoire donne déjà une indication : une valeur à 0,92 g/L ou plus pendant la grossesse justifie d'en parler sans attendre, puisque c'est le seuil à jeun du consensus (IADPSG, Diabetes Care, 2010) [2].

Quels sont les risques du diabète gestationnel pour la mère et le bébé ?

Le sucre maternel traverse le placenta, pas l'insuline. Le bébé fabrique donc lui-même beaucoup d'insuline, et stocke ce sucre en graisse. Dans HAPO, chaque hausse d'un écart-type de la glycémie à une heure augmentait de 46 % les chances d'un poids de naissance au-dessus du 90e percentile (Metzger et al., HAPO, NEJM, 2008) [1].

Un bébé trop gros, c'est plus de risque d'accouchement long, d'épaule coincée au passage et de césarienne. Après la naissance, il peut faire une hypoglycémie, car son pancréas continue à produire trop d'insuline alors que le sucre de la mère ne lui parvient plus. Césarienne et hypoglycémie du nouveau-né augmentaient elles aussi avec la glycémie maternelle (Metzger et al., HAPO, NEJM, 2008) [1]. Côté mère, la prééclampsie était plus fréquente (Metzger et al., HAPO, NEJM, 2008) [1].

Le traitement réduit les complications dans les essais. Dans l'essai ACHOIS, conseils alimentaires, autosurveillance et insuline si besoin ont divisé par trois les complications graves du nouveau-né par rapport aux soins habituels (risque relatif 0,33 ; Crowther et al., NEJM, 2005) [3]. Même pour des formes légères, le traitement a réduit les bébés trop gros, les dystocies de l'épaule, les césariennes et l'hypertension de grossesse (Landon et al., NEJM, 2009) [4].

Que change le diabète gestationnel dans une assiette ouest-africaine ?

L'alimentation est la première mesure proposée, et elle aide à baisser la glycémie chez beaucoup de femmes, même si une partie a besoin d'un médicament. Une méta-analyse de 18 essais randomisés montre que des régimes adaptés font baisser la glycémie après les repas d'environ 0,08 g/L, réduisent le besoin de médicaments d'un tiers et diminuent la macrosomie (Yamamoto et al., Diabetes Care, 2018) [5].

Les auteurs jugent toutefois la qualité des preuves faible, faute d'essais assez grands. Ces régimes ont aussi réduit le poids de naissance d'environ 170 g (Yamamoto et al., Diabetes Care, 2018) [5].

Personne ne vous demande de supprimer les féculents : le bébé en a besoin. Il s'agit de réduire la portion, de ralentir l'absorption et de répartir. Le tableau ci-dessous résume les ajustements pour les plats les plus courants. Les détails d'index glycémique sont dans notre guide des aliments africains à index glycémique bas.

PlatCe qui fait monter la glycémieAjustement pendant la grossesse
AttiékéGrosse portion, mangé seul ou avec une sauce sucréeUne demi-assiette au plus, avec poisson braisé et crudités
PlacaliPâte de manioc très fine, absorbée vitePetite boule, sauce gombo ou feuilles riche en légumes
FoutouIgname ou banane pilée, portion souvent généreuseRéduire la boule, préférer l'igname bouillie certains jours
Riz grasRiz blanc, huile et cube en quantitéUne louche de riz, le reste de l'assiette en légumes et viande
CouscousSemoule fine, servie en dômePortion d'un poing, beaucoup de légumes et de pois chiches
Pain du matinPain blanc, sucre, lait concentré sucréBouillie de mil peu sucrée, œuf, ou pain avec avocat

Pour l'attiéké et le placali, deux articles détaillent portions et accompagnements : attiéké et diabète et placali et diabète. Trois gestes valent pour tous les plats : manger les légumes et la protéine en premier, faire trois petits repas et deux collations plutôt que deux gros repas, et marcher dix à quinze minutes après le dîner si la sage-femme ne s'y oppose pas.

Les boissons comptent autant que le plat. Un grand verre de jus de fruits ou de bissap sucré peut faire monter la glycémie plus qu'une portion d'attiéké. L'eau reste la boisson de base.

Comment tenir son assiette quand toute la famille mange ensemble ?

Pendant la grossesse, tout le monde a un avis sur ce que vous mangez. La belle-mère qui vous sert une deuxième boule de foutou « pour le bébé » fait un geste d'affection. Refuser de manger comme les autres, c'est d'abord un acte social, avant d'être un choix médical.

Quelques femmes suivies pour ce diabète racontent ce qui marche : se servir soi-même, dans une assiette plus petite ; annoncer que le médecin a « demandé moins de sucre pour le bébé », formule qui parle mieux qu'un chiffre ; garder la même sauce que la famille et ne réduire que la boule. Impliquer la personne qui cuisine aide beaucoup, car c'est elle qui décide de la portion de riz.

Comparaison d'une assiette familiale d'attiéké ou de foutou et d'une assiette adaptée au diabète gestationnel : demi-portion de féculent, légumes et poisson
La même sauce que la famille, une portion de féculent réduite.

Quelles plantes éviter pendant une grossesse avec diabète ?

Aucune plante n'est recommandée pour traiter un diabète gestationnel. Plusieurs remèdes courants posent même problème pendant la grossesse :

  • Papaye verte et feuilles de papayer : la papaye non mûre contient un latex qui peut provoquer des contractions. La papaye bien mûre, en petite portion, reste un fruit possible.
  • Moringa : la poudre de feuilles est souvent conseillée contre la fatigue. Elle est à éviter pendant la grossesse, car elle aurait des propriétés qui stimulent l'utérus.
  • Bissap : la boisson fait baisser la tension chez l'adulte, et on ne dispose d'aucune donnée de sécurité chez la femme enceinte. Sucré, il ajoute en plus une charge en sucre importante.

Notre dossier sur les plantes médicinales pour le diabète en Afrique fait le point hors grossesse. Pendant ces neuf mois, la règle est simple : pas de tisane « contre le sucre » sans l'accord de la personne qui suit votre grossesse.

Quand faut-il un traitement par insuline ou metformine ?

Si la glycémie reste au-dessus des objectifs malgré l'alimentation adaptée, dans le délai fixé par l'équipe qui vous suit, un médicament devient nécessaire. L'insuline est le traitement de référence : elle ne traverse pas le placenta. Elle ne signifie pas que vous avez « échoué », ni que vous serez diabétique à vie. C'est d'ailleurs le schéma testé dans ACHOIS : insuline seulement si l'alimentation ne suffit pas (Crowther et al., NEJM, 2005) [3].

La metformine en comprimés est une autre option. Dans l'essai MiG, elle n'a pas augmenté les complications périnatales par rapport à l'insuline, et les femmes la préféraient ; une partie d'entre elles a toutefois dû y ajouter de l'insuline (Rowan et al., NEJM, 2008) [6]. Le choix dépend de votre glycémie, de votre suivi et de ce qui est disponible près de chez vous. Ne prenez jamais la metformine d'une proche sans prescription.

Pourquoi recontrôler la glycémie après l'accouchement ?

La glycémie redescend souvent après la naissance, mais seule une analyse le vérifie. Le terrain, lui, reste. Une méta-analyse de 20 études chez plus de 675 000 femmes a montré un risque de diabète de type 2 multiplié par 7,4 après un diabète gestationnel (Bellamy et al., Lancet, 2009) [7]. Une analyse plus récente estime ce risque près de dix fois plus élevé qu'après une grossesse normale (Vounzoulaki et al., BMJ, 2020) [8].

C'est pourquoi on refait une hyperglycémie provoquée, ou au moins une glycémie à jeun, quelques semaines après l'accouchement, puis tous les un à trois ans. Beaucoup de femmes sautent ce contrôle : le bébé occupe tout, et le sucre semble réglé. C'est là que le type 2 s'installe sans bruit. Les auteurs de la méta-analyse de 2020 insistent sur les premières années après la grossesse, où agir compte le plus (Vounzoulaki et al., BMJ, 2020) [8].

Ce risque se réduit. Chez des femmes aux antécédents de diabète gestationnel, un programme intensif d'hygiène de vie et la metformine ont chacun réduit d'environ moitié l'apparition du diabète (Ratner et al., Diabetes Prevention Program, JCEM, 2008) [9]. Sous placebo, ces femmes devenaient diabétiques plus souvent que les autres participantes, à glycémie de départ égale (Ratner et al., JCEM, 2008) [9].

L'allaitement aide aussi : plus il était exclusif et long, plus le risque de diabète à deux ans était bas (Gunderson et al., Ann Intern Med, 2015) [10]. Pour la suite, nos idées de repas pour diabétique s'adaptent à toute la famille.

Récapitulatif du diabète gestationnel : dépistage entre 24 et 28 semaines, alimentation, traitement si besoin, contrôle de la glycémie après l'accouchement puis tous les un à trois ans
Les étapes du suivi, de la grossesse aux années qui suivent.

Quels signes imposent une consultation rapide ?

Consultez dans la journée si vous avez une soif intense avec beaucoup d'urines, des vomissements qui empêchent de manger, ou si votre lecteur affiche plusieurs valeurs élevées d'affilée. Sous insuline, des sueurs, des tremblements ou une confusion évoquent une hypoglycémie : prenez du sucre, puis appelez.

Allez aux urgences sans attendre si le bébé bouge moins, en cas de maux de tête violents, de troubles de la vue, de gonflement brutal du visage ou des mains, de saignements ou de perte de liquide. En cas d'urgence médicale, appelez immédiatement le numéro d'urgence de votre pays ou rendez-vous aux urgences les plus proches.

Sources

  1. Hyperglycemia and adverse pregnancy outcomes— HAPO Study Cooperative Research Group; Metzger BE, Lowe LP, Dyer AR et al. · The New England Journal of Medicine · 2008
  2. International association of diabetes and pregnancy study groups recommendations on the diagnosis and classification of hyperglycemia in pregnancy— International Association of Diabetes and Pregnancy Study Groups (IADPSG) Consensus Panel · Diabetes Care · 2010
  3. Effect of treatment of gestational diabetes mellitus on pregnancy outcomes— Crowther CA, Hiller JE, Moss JR et al.; ACHOIS Trial Group · The New England Journal of Medicine · 2005
  4. A multicenter, randomized trial of treatment for mild gestational diabetes— Landon MB, Spong CY, Thom E et al. · The New England Journal of Medicine · 2009
  5. Gestational Diabetes Mellitus and Diet: A Systematic Review and Meta-analysis of Randomized Controlled Trials Examining the Impact of Modified Dietary Interventions on Maternal Glucose Control and Neonatal Birth Weight— Yamamoto JM, Kellett JE, Balsells M et al. · Diabetes Care · 2018
  6. Metformin versus insulin for the treatment of gestational diabetes— Rowan JA, Hague WM, Gao W et al.; MiG Trial Investigators · The New England Journal of Medicine · 2008
  7. Type 2 diabetes mellitus after gestational diabetes: a systematic review and meta-analysis— Bellamy L, Casas JP, Hingorani AD, Williams D · The Lancet · 2009
  8. Progression to type 2 diabetes in women with a known history of gestational diabetes: systematic review and meta-analysis— Vounzoulaki E, Khunti K, Abner SC et al. · BMJ · 2020
  9. Prevention of diabetes in women with a history of gestational diabetes: effects of metformin and lifestyle interventions— Ratner RE, Christophi CA, Metzger BE et al.; Diabetes Prevention Program Research Group · The Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism · 2008
  10. Lactation and Progression to Type 2 Diabetes Mellitus After Gestational Diabetes Mellitus: A Prospective Cohort Study— Gunderson EP, Hurston SR, Ning X et al. · Annals of Internal Medicine · 2015

Questions fréquentes

Est-ce grave d'avoir du diabète gestationnel ?

Ce n'est pas une urgence, mais ce n'est pas anodin. Traité, il donne moins de complications : l'essai ACHOIS a divisé par trois les complications graves du nouveau-né. Négligé, il augmente le poids du bébé, les accouchements difficiles et la tension maternelle. Il annonce aussi un risque nettement plus élevé de diabète de type 2 dans les années suivantes.

Quels aliments éviter en cas de diabète gestationnel ?

Évitez surtout les boissons sucrées, jus compris, le pain blanc sucré du matin, les beignets et les grandes portions d'un seul féculent. L'attiéké, le placali, le foutou, le riz ou le couscous restent permis en petite quantité, accompagnés de légumes, de poisson ou de légumineuses. Mangez lentement et répartissez les repas.

Quels sont les symptômes d'un diabète gestationnel ?

Le plus souvent, il n'en donne aucun. Une soif forte, des envies d'uriner très fréquentes, une grande fatigue, des mycoses vaginales répétées ou un ventre qui grossit plus vite que prévu peuvent l'évoquer. Ces signes ressemblent à ceux d'une grossesse normale : seule une analyse de sang tranche vraiment.

Quels sont les risques du diabète gestationnel pour le bébé ?

Le sucre en excès traverse le placenta et fait grossir le bébé. Un enfant trop gros expose à un accouchement difficile, à une blessure de l'épaule et à une césarienne. Après la naissance, il peut faire une hypoglycémie ou une jaunisse. Dans les essais, le traitement a réduit ces risques ; parlez-en à la personne qui vous suit.