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Digestion et ventre au Niger : parasites, plantes haoussa et dawadawa

Digestion au Niger : kazikazi, kuka, papaye, dawadawa fermenté. Parasitose intestinale décodée, prix au Grand Marché de Niamey, repères HNN.

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Curcuma, papaye et gingembre frais pour soutenir la digestion naturellement

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Pourquoi le ventre nigérien souffre-t-il autrement ?

Mis à jour le 5 mai 2026

Au Niger et dans tout le Sahel, le ventre est une plainte de santé publique, pas un sujet de confort. L'OMS documente qu'environ 40 % des adultes d'Afrique subsaharienne portent une parasitose intestinale active à un moment donné — helminthes du sol, giardia, amibes —, soit l'une des charges parasitaires les plus élevées au monde. Le Niger figure de plus dans le top mondial pour la mortalité par maladies diarrhéiques (IHME / Global Burden of Disease), particulièrement chez l'enfant de moins de cinq ans, en lien avec l'eau de puits non sécurisée des zones rurales de Maradi, Zinder, Tahoua, Tillabéri et Diffa.

Trois facteurs aggravent l'inconfort digestif nigérien. D'abord, la chaleur du Sahel, qui dépasse 40 °C en avril-mai et accélère la déshydratation, ralentit le transit et favorise les fissures anales et les hémorroïdes. Ensuite, l'harmattan (novembre-mars), ce vent sec qui balaie le Niger depuis sa zone d'origine près de Bilma : humidité sous 15 %, déshydratation continue, constipation accrue, peau et muqueuses asséchées. Enfin, la saison de soudure (mai-août), période de moindre disponibilité alimentaire, qui combine régime monotone, fragilisation immunitaire et co-infection parasitaire — l'UNICEF Niger et le WFP Niger signalent chaque année une remontée des cas chez l'enfant et la mère.

À l'Hôpital National de Niamey (HNN), au CHR de Zinder, à l'hôpital régional de Maradi et dans les Centres de Santé Intégrés (CSI), les soignants observent rarement une plainte digestive isolée : ballonnement + parasitose, brûlures + déshydratation, diarrhée + paludisme — l'OMS Afro Niger rappelle que près de 28 % des consultations restent imputables au paludisme, souvent associé à un trouble digestif. La pharmacopée haoussa offre un répertoire d'appoint dense : kazikazi (kinkéliba, hépato-digestif), kuka (baobab, fibres prébiotiques 10× orange), aduwa (Balanites, antidiarrhéique), dorowa/dawadawa (Parkia biglobosa fermenté, lactobacilles sahéliens), papaye (graines anti-helminthiques), vernonia (anti-giardia), sanuuj (nigelle, tibb al-nabawi), citta (gingembre), citron-vert. Rappel essentiel : en cas de suspicion de parasitose, un examen parasitologique des selles reste indispensable, et les plantes ne remplacent pas un antiparasitaire prescrit.

Quels parasites intestinaux touchent le Niger et comment les reconnaître ?

C'est l'angle que les sites européens de santé évitent et que la médecine sahélienne aborde au quotidien. Au Niger, la charge parasitaire est endémique, alimentée par l'eau de puits, l'élevage de proximité, les sols cultivés et la promiscuité familiale. Connaître les quatre tableaux les plus fréquents évite l'errance diagnostique et oriente vers le bon examen au CSI ou au laboratoire de l'Hôpital National de Niamey.

Ascaridiose — Ascaris lumbricoides

Le ver le plus fréquent. Transmission féco-orale par eau ou aliments souillés. Symptômes : douleurs périombilicales récurrentes, ballonnement, parfois passage de vers visibles dans les selles, toux passagère pendant la migration pulmonaire larvaire. Chez l'enfant, retard de croissance et anémie associée. Diagnostic : examen parasitologique des selles (œufs caractéristiques).

Giardiase — Giardia lamblia

Très fréquente en zone sahélienne, particulièrement liée à l'eau de puits non traitée. Symptômes : diarrhée mousseuse, malodorante, ballonnements post-repas, éructations sulfurées, douleur épigastrique, fatigue, parfois perte de poids. Évolue souvent sur 2 à 6 semaines. Diagnostic : examen parasitologique des selles sur 3 jours consécutifs (le parasite est intermittent).

Amibiase — Entamoeba histolytica

Plus grave car potentiellement invasive. Symptômes : diarrhée avec sang et glaires (selles « crachat rectal »), douleur en cadre colique, ténesme, parfois fièvre. Forme hépatique possible : abcès amibien (douleur hypochondre droit, fièvre). Diagnostic : examen parasitologique frais, sérologie amibe en cas de doute, échographie hépatique si suspicion d'abcès. Urgence relative — consulter au HNN ou au CHR de Zinder sans attendre.

Oxyurose — Enterobius vermicularis

Surtout chez l'enfant. Symptôme cardinal : prurit anal nocturne intense. Parfois agitation et troubles du sommeil. Chez la fillette, possible vulvo-vaginite associée. Diagnostic : scotch-test anal au réveil. Traitement court et familial obligatoire (les œufs résistent dans la literie).

Le bon réflexe au Niger

Devant tout ballonnement chronique, diarrhée prolongée (> 10 jours), prurit anal nocturne ou douleur abdominale récurrente, demander un examen parasitologique des selles sur 3 jours consécutifs au laboratoire d'un CSI, du HNN, du CHR de Zinder ou de l'hôpital régional de Maradi. Coût indicatif : 1 500 à 4 000 FCFA selon le laboratoire. Une sérologie amibe sera ajoutée par le médecin en cas de selles glaireuses. Les plantes haoussa anti-helminthiques (graines de papaye, vernonia, neem/dogon yaro) peuvent soutenir la convalescence après traitement, ou compléter l'hygiène alimentaire — elles ne remplacent jamais l'albendazole ou le métronidazole prescrit.

Quelles plantes haoussa soutiennent la digestion ?

Sept plantes ressortent dans la pharmacopée nigérienne et la littérature ouest-africaine. Toutes les préparations proposées sont halal — eau, lait caillé, miel, infusion, décoction — jamais d'extrait alcoolique. Toujours en complément, jamais en substitut, d'un examen parasitologique des selles et d'un avis médical au CSI ou à l'HNN.

Kazikazi — kinkéliba (Combretum micranthum)

Cluster vernaculaire : kazikazi (haoussa, NE), séréou (wolof, SN), dibilèn (bambara, ML), kinkéliba (français pan-africain). Étude : Phytomedicine, 2012, revue systématique — effet hépato-protecteur et digestif documenté. Atout : confort digestif, soutien hépatique après antipaludique (artémisinine + lumefantrine). Préparation halal : décoction de 3 g de feuilles séchées dans 1 litre d'eau, bouillir 10 minutes, 2 tasses par jour à distance des repas. Précaution : potentialise antidiabétiques (metformine) et antihypertenseurs ; surveillance si traitement en cours.

Kuka — baobab (Adansonia digitata)

Cluster vernaculaire : kuka (haoussa, NE / ML), bouye (wolof, SN, désigne le fruit), n'gomi (bambara, ML). Étude : Nutrients, 2017 ; analyses USDA + IRD — fibres prébiotiques environ dix fois supérieures à l'orange, vitamine C six fois supérieure, polyphénols antioxydants. Atout central : fibres prébiotiques qui nourrissent la flore intestinale, action douce contre la constipation harmattan, soutien micro-biotique. Préparation halal : 2 cuillères à soupe de pulpe diluées dans 200 ml d'eau froide ou tiède, citron-vert, miel local de dorowa ou de magarya — 1 verre par jour. Sauce kuka de feuilles 2 à 3 fois par semaine. Précaution : éviter la forme commerciale très sucrée ; préférer la pulpe nature du Grand Marché.

Papaye + graines (Carica papaya)

Cluster vernaculaire : papaye (français pan-africain), gwanda (haoussa, NE-NG transfrontalier). Étude : Pan African Medical Journal, 2014 — usage anti-helminthique des graines documenté en ethnobotanique sahélienne ; mécanisme : carpaïne et benzylisothiocyanate. Atout : appoint anti-helminthique léger (oxyures, ascaris en convalescence). Préparation halal : 1 cuillère à café de graines fraîches mâchées le matin à jeun pendant 7 jours, suivies d'un verre d'eau citronnée. Chair de papaye mûre comme dessert digestif. Précaution : déconseillé pendant la grossesse (papaye verte/non mûre — action utérotrophique). Ne remplace pas l'albendazole prescrit.

Vernonia (Vernonia amygdalina)

Cluster vernaculaire : vernonia (latin/français), ewuro (yoruba, BJ-NG), ndolé (douala, CM). Étude : ethnobotanique ouest-africaine, recherches Université d'Abomey-Calavi (BJ) — anti-giardia documenté in vitro. Atout : soutien digestif après giardiase traitée. Préparation halal : décoction de feuilles fraîches (10 g pour 1 litre, 5 minutes), 1 tasse par jour pendant 5 jours maximum. Très amer — combiner à du miel local. Précaution : éviter la prise prolongée (> 7 jours), à proscrire pendant la grossesse.

Aduwa — dattier du désert (Balanites aegyptiaca)

Cluster vernaculaire : aduwa (haoussa, NE), dattier du désert (français), soumph (wolof, SN). Plante sahélienne emblématique. Atout : anti-diarrhéique traditionnel, antioxydant, soutien des muqueuses digestives. Préparation halal : décoction d'écorce ou de fruits séchés (5 g / litre, 10 minutes), 1 à 2 tasses par jour, 5 jours maximum en cas de diarrhée non glaireuse non sanglante. Précaution : si la diarrhée persiste plus de 48 h, contient du sang, ou s'accompagne de fièvre, direction CSI ou HNN sans attendre.

Citta — gingembre (Zingiber officinale)

Le citta haoussa, frais ou séché, est documenté pour un effet anti-nauséeux, anti-inflammatoire, et carminatif. Préparation halal : 3 à 5 cm de rhizome frais en infusion 10 minutes, 1 à 2 tasses par jour ; ou 1 à 2 g de poudre par jour dans la bouillie de mil. Précaution : interactions avec anticoagulants (aspirine, warfarine) et antihypertenseurs.

Citron-vert et sanuuj (cadre tibb al-nabawi)

Le citron-vert (Citrus aurantiifolia) en jus tiède dilué soutient la digestion et l'acidité gastrique fonctionnelle. Combiné à 1 cuillère à café de miel local et 1 cuillère à café de sanuuj (nigelle, habba sawda) moulu — préparation citée dans le cadre du tibb al-nabawi (Hadith Bukhari n° 5687) — il offre un appoint digestif matinal. Précaution : éviter en cas de reflux gastro-œsophagien actif.

Tableau comparatif : symptôme digestif et plante adaptée

Synthèse pratique pour orienter le choix de la plante en fonction du symptôme dominant. Position éditoriale du Niger : ce qui pousse au Sahel d'abord — kazikazi, kuka, aduwa, dorowa, papaye — avant produits importés à prix élevé. Le local est mieux documenté dans la littérature ouest-africaine, accessible au Grand Marché de Niamey, et culturellement intégré. Aucune plante ne remplace un antiparasitaire prescrit ou une réhydratation médicalement encadrée.

Symptôme dominant Plante (haoussa) Composé actif Préparation type Précaution clé
Ballonnement post-repas Citta (gingembre) Gingerols, shogaols 3-5 cm frais en infusion 10 min, 1-2 tasses/j Interactions anticoagulants, antihypertenseurs
Brûlures gastriques fonctionnelles Kuka (baobab) Mucilages, vit C, fibres prébiotiques 2 c.à.s. pulpe + 200 ml eau, 1 verre/j Éviter pulpes très sucrées (commerciales)
Constipation harmattan Kuka (baobab) Fibres ~10× orange (USDA + IRD) Pulpe 2 c.à.s./j + 1,5 L d'eau Augmenter eau en parallèle
Diarrhée non sanglante (< 48 h) Aduwa (Balanites) Saponines, tanins Décoction écorce 5 g/L, 1-2 tasses/j, 5 j max Sang, fièvre, >48 h → CSI / HNN
Suspicion oxyurose / ascaridiose (appoint) Papaye (graines) Carpaïne, benzylisothiocyanate 1 c.à.c. graines mâchées à jeun, 7 j Grossesse : éviter ; ne remplace pas l'albendazole
Inconfort hépatique post-paludisme Kazikazi (kinkéliba) C-glycosides, vitexine Décoction 3 g/L, 2 tasses/j Potentialise antidiabétiques, antihypertenseurs
Convalescence post-giardiase Vernonia (ewuro) Sesquiterpènes, lactones Décoction feuilles 10 g/L, 1 tasse/j, 5 j max Grossesse : éviter ; usage court

Aucune de ces plantes ne se substitue à un examen parasitologique des selles, à une réhydratation par sels de réhydratation orale (SRO) chez l'enfant, ni à un antiparasitaire prescrit (albendazole, métronidazole). Elles peuvent soutenir le confort digestif et la convalescence, sous suivi médical au HNN, au CHR de Zinder, à l'hôpital régional de Maradi, à MSF Madarounfa ou au CSI.

Aliments fermentés sahéliens et microbiote — l'arme dawadawa

C'est l'angle que la littérature européenne ignore et que la cuisine sahélienne pratique depuis des siècles. Le microbiote intestinal — l'ensemble des bactéries qui peuplent le côlon — détermine l'assimilation des nutriments, la production de courte-chaîne d'acides gras protecteurs, et la résistance aux pathogènes. Au Niger, quatre aliments fermentés traditionnels constituent une véritable banque de probiotiques régionaux, accessibles au Grand Marché de Niamey, de Zinder et de Maradi.

Dorowa fermenté — dawadawa — soumbara haoussa (Parkia biglobosa)

Le dorowa haoussa, dont les graines fermentées donnent le dawadawa (ou soumbara en haoussa du Niger / Nord Nigeria), est documenté par la FAO comme protéine sahélienne de référence et condiment fermenté riche en lactobacilles. Profil : protéines (28-37 %), lipides (12-18 %), fibres, vitamines du groupe B, lactobacilles vivants après fermentation. C'est l'« arme dawadawa » du microbiote sahélien : un assaisonnement quotidien des sauces de tô, de niébé, de gombo, qui apporte simultanément des probiotiques et des protéines végétales. Disponibilité : Grand Marché de Niamey, Marché de Zinder, Marché de Maradi — 200 à 500 FCFA la boule. Précaution : choisir un dawadawa non poudré industriel (préférer la fermentation traditionnelle locale).

Nono — lait caillé peul

Le nono est le lait caillé fermenté traditionnel des éleveurs peuls du Niger, du Nigeria et du Mali. Source de lactobacilles vivants, de protéines, et de calcium. Très utilisé en accompagnement du fura (boulettes de mil) et de la bouillie matinale. Au Niger, le nono non sucré (nono mai-amfani) est la forme à privilégier — la version sucrée commerciale détruit l'intérêt probiotique. Disponibilité : marchés ruraux, livraison de quartier à Niamey — 150 à 400 FCFA le sachet/calebasse. Précaution : conservation au frais ; éviter en cas d'intolérance au lactose sévère.

Kunu / kununzaki — bouillie de mil fermentée

Le kunu (parfois kununzaki dans certaines variantes haoussa) est une boisson de mil ou de sorgho fermentée, parfois additionnée de gingembre (citta), de tamarin et de clous de girofle. La fermentation lactique courte abaisse le pH, multiplie la biodisponibilité du fer non hémique du mil, et apporte un effet probiotique. Boisson traditionnelle haoussa du petit-déjeuner et du goûter, vendue 100 à 300 FCFA prête à boire au Grand Marché de Niamey. Préparation halal par excellence — eau, mil, épices, miel local optionnel.

Bissap fermenté

Préparation moins connue : laisser le bissap (Hibiscus sabdariffa) infusé tiède 24-48 h en milieu ambré pour amorcer une fermentation lactique courte. Apport en anthocyanes, vitamine C et lactobacilles. Boisson rafraîchissante en saison sèche et harmattan, à consommer le jour même. Préférer le sucrage au miel local de dorowa ou de magarya (tibb al-nabawi) plutôt qu'au sucre raffiné. Précaution : interactions documentées avec antihypertenseurs (effet hypotenseur cumulé).

Pourquoi cet axe est sous-couvert

Aucun site européen de santé ne mentionne dawadawa, nono ou kununzaki comme aliments-clés du microbiote ouest-africain. Pourtant, ces aliments accompagnent depuis des siècles une digestion sahélienne adaptée à la chaleur, à la charge parasitaire et à la rotation des grains. Leur réintroduction quotidienne, en parallèle d'une bonne hygiène (eau filtrée ou bouillie 5 minutes, lavage des mains au savon, lavage des fruits/légumes) reste l'un des leviers les plus simples et les moins chers — au-delà de tout supplément importé — pour soutenir un microbiote nigérien.

Quand consulter au Niger ?

Certains signes ne se traitent jamais avec une tisane, une bouillie ou un complément. Ils imposent une consultation rapide à l'Hôpital National de Niamey (HNN), au CHR de Zinder, à l'hôpital régional de Maradi, à MSF Madarounfa ou au Centre de Santé Intégré (CSI) le plus proche. Le réseau national compte plus de 2 000 CSI maillant le territoire, avec des agents de santé communautaires formés par UNICEF Niger, MSF et le Ministère de la Santé.

  • Sang dans les selles — selles glaireuses « crachat rectal » (amibiase), saignement rouge vif (hémorroïdes, fissure anale, polype, cancer du côlon chez l'adulte de plus de 45 ans). Examen indispensable au CSI ou au HNN.
  • Diarrhée prolongée plus de 48 heures chez l'adulte, ou plus de 24 heures chez l'enfant de moins de cinq ans — risque de déshydratation rapide, particulièrement en saison chaude. Sels de réhydratation orale (SRO) immédiatement, puis CSI sans attendre.
  • Fièvre + diarrhée chez l'enfant de moins de cinq ans — penser paludisme + maladie diarrhéique conjoints (Niger top mondial pour la mortalité diarrhéique infantile). TDR paludisme + examen parasitologique des selles + SRO en urgence au CSI.
  • Perte de poids inexpliquée — plus de 5 % du poids corporel en un mois sans changement alimentaire volontaire : penser parasitose chronique, tuberculose intestinale, VIH, cancer, hyperthyroïdie. Bilan complet au HNN ou à l'UAM.
  • Douleur abdominale persistante plus de deux semaines — récurrente ou continue. Indication d'examens : NFS, examen parasitologique des selles, échographie abdominale au HNN.
  • Ictère (jaunisse) — yeux ou peau jaunes : penser hépatite, abcès amibien hépatique, lithiase biliaire. Urgence relative.
  • Vomissements répétés ou impossibilité de boire — chez l'enfant comme chez l'adulte. Risque de déshydratation. Direction CSI / HNN sans délai.
  • Prurit anal nocturne chez l'enfant — oxyurose probable. Scotch-test au réveil, traitement court familial obligatoire (les œufs résistent dans la literie).
  • Chez l'enfant de moins de cinq ans : œdèmes des pieds, cheveux décolorés, ventre ballonné — signes de malnutrition aiguë, prise en charge UNICEF Niger / MSF Madarounfa par Plumpy'Nut et suivi nutritionnel au CSI référent.

Rappel essentiel : le kazikazi, le kuka, l'aduwa, le dorowa, la papaye, le vernonia, la sanuuj, le citta — ne remplacent jamais un antiparasitaire prescrit, des sels de réhydratation orale ou un avis médical pour une douleur abdominale persistante. Ils peuvent soutenir le confort digestif, la convalescence après une parasitose traitée, ou l'apport en fibres prébiotiques — sous contrôle médical, dans une démarche d'éducation thérapeutique adaptée à la cuisine sahélienne et au cadre halal du Niger.

Sources

  • OMS / WHO — environ 40 % des adultes d'Afrique subsaharienne portent une parasitose intestinale active (helminthes du sol, giardia, amibes), soit l'une des charges parasitaires les plus élevées au monde.
  • OMS Afro Niger — paludisme : environ 28 % des motifs de consultation au Niger restent imputables au paludisme dans les régions de Maradi, Zinder, Tahoua ; co-morbidité fréquente avec les parasitoses intestinales.
  • IHME / Global Burden of Disease — le Niger figure dans le top 10 mondial pour la mortalité par maladies diarrhéiques, particulièrement chez l'enfant de moins de 5 ans, en lien avec l'eau de puits non sécurisée des zones rurales.
  • UNICEF Niger / WFP Niger — bulletins nutritionnels : prévalence très élevée de la malnutrition aiguë infantile, aggravée par les co-infections parasitaires en saison de soudure (mai-août) ; protocole Plumpy'Nut au CSI.
  • FAO + IRD — Parkia biglobosa (dorowa / dawadawa / soumbara haoussa) : protéine sahélienne de référence, condiment fermenté riche en lactobacilles documenté pour son rôle dans le microbiote intestinal sahélien.
  • USDA + IRD — pulpe d'Adansonia digitata (kuka / baobab) : densité en fibres environ dix fois supérieure à l'orange, vitamine C six fois supérieure ; rôle prébiotique documenté.
  • Phytomedicine, 2012 — Combretum micranthum (kazikazi / kinkéliba), revue systématique : effet hépato-protecteur et digestif documenté.
  • Pan African Medical Journal, 2014 — études ethnobotaniques sahéliennes sur l'usage anti-helminthique des graines de papaye (Carica papaya) et de Vernonia amygdalina.
  • Nutrients, 2017 — Adansonia digitata : profil prébiotique de la pulpe et impact documenté sur le microbiote.
  • Hadith rapporté par al-Bukhari n° 5687 — usage de la nigelle (sanuuj / habba sawda) dans le tibb al-nabawi.

Toute information ci-dessus est générale ; les plantes ne remplacent pas un avis médical pour une douleur abdominale persistante, du sang dans les selles, une diarrhée prolongée ou une perte de poids inexpliquée. En cas de suspicion de parasitose, un examen parasitologique des selles reste indispensable, et les plantes ne remplacent pas un antiparasitaire prescrit. Consultez un médecin de l'Hôpital National de Niamey, du CHR de Zinder, de l'hôpital régional de Maradi, de MSF Madarounfa ou d'un Centre de Santé Intégré (CSI).

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Questions fréquentes

Quels parasites intestinaux sont les plus fréquents au Niger ?

Au Niger et au Sahel, les quatre dominants sont l'ascaris (douleurs périombilicales), le giardia (diarrhée mousseuse, ballonnements post-repas), l'amibe Entamoeba histolytica (selles glaireuses sanglantes), et l'oxyure (prurit anal nocturne). L'OMS estime à environ 40 % la prévalence parasitaire chez l'adulte sub-saharien.

Les graines de papaye remplacent-elles l'albendazole prescrit au CSI de Niamey ?

Non. Les graines de papaye haoussa sont documentées (Pan African Medical Journal 2014) comme appoint anti-helminthique léger via la carpaïne, pas comme traitement curatif. Devant une parasitose confirmée par examen parasitologique des selles au CSI, l'albendazole prescrit reste indispensable. La papaye soutient la convalescence et l'hygiène alimentaire.

Qu'est-ce que le dawadawa apporte vraiment au microbiote sahélien ?

Le dawadawa (dorowa fermenté, Parkia biglobosa, soumbara haoussa) est documenté par la FAO comme source de lactobacilles vivants, de protéines, de fibres et de vitamines B. Quotidien dans les sauces de tô et de niébé au Niger, il agit comme un probiotique traditionnel sahélien — l'arme microbiotique la plus accessible au Grand Marché de Niamey.

Mon enfant a la diarrhée à Zinder ou Maradi : que faire en premier ?

Sels de réhydratation orale (SRO) immédiatement, disponibles 100-300 FCFA au CSI ou en officine. Surveiller la pâleur, les yeux creusés, le pli cutané persistant. Si la diarrhée dure plus de 24 heures, contient du sang, ou s'accompagne de fièvre, direction CSI ou hôpital régional sans attendre. Niger figure au top mondial pour la mortalité diarrhéique infantile.

Le kuka (pulpe de baobab) aide-t-il vraiment la constipation harmattan au Sahel ?

Oui, en appoint. La pulpe de kuka contient environ dix fois plus de fibres que l'orange (USDA + IRD) et joue un rôle prébiotique documenté (Nutrients 2017). 2 cuillères à soupe diluées dans 200 ml d'eau par jour, accompagnées d'1,5 L d'eau quotidien, soutiennent un transit ralenti par la sécheresse harmattan.

Combien coûtent les plantes digestives au Grand Marché de Niamey ou de Maradi ?

Indicatif au Grand Marché de Niamey : kazikazi (kinkéliba) 200-500 FCFA le sachet de 100 g, pulpe de kuka 200-600 FCFA, dawadawa 200-500 FCFA la boule, graines de papaye 100-300 FCFA, gingembre frais 200 FCFA la poignée, sanuuj 500-1 500 FCFA les 250 g. Marchés de Zinder et Maradi affichent des prix proches.

Dr Mamadou Traoré
Gastro-entérologue & spécialiste digestion naturelle