
Sidr
Ziziphus spina-christi
Vue d'ensemble
Le sidr est Ziziphus spina-christi (L.) Desf., un jujubier épineux de la famille des Rhamnacées, appelé en français jujubier de Palestine ou épine du Christ. C'est un arbre des zones sèches. Selon la World Checklist of Vascular Plants (Kew), il est indigène du Sahel (Sénégal, Mali, Niger notamment), de la vallée du Nil, de la péninsule Arabique, du Proche-Orient et d'Iran, et seulement introduit en Algérie et en Tunisie. Ses feuilles ovales et luisantes portent trois nervures bien visibles, et ses rameaux ont des épines par paires. Ses petits fruits ronds, jaunes puis brun-rouge, ont une pulpe farineuse et sucrée autour d'un noyau. En arabe, l'arbre est le sidr (السدر) et son fruit le nabq (النبق). La base taxonomique GRIN du Département de l'agriculture des États-Unis cite aussi « kurna » parmi ses noms vernaculaires. Le nom « sidr » ne désigne pas toujours la même plante. Au Maghreb, le jujubier sauvage local est Ziziphus lotus, la sedra, dont le fruit s'appelle aussi nbeg ou nabq : il a sa propre fiche sur SantéSource. Une étude ethnobotanique note que « sidr » sert aussi de nom courant pour Z. lotus (Dafni et al., Journal of Ethnobiology and Ethnomedicine, 2005). Chez l'attar, une poudre de feuilles vendue sous le nom de sidr peut donc venir de l'une ou l'autre espèce, et l'étiquette ne dit pas laquelle. Le jujubier sahélien, Z. mauritiana, est encore une autre plante. Les résultats obtenus sur une espèce ne valent pas pour une autre. Les usages du sidr sont d'abord traditionnels. Dans la tradition musulmane, des feuilles trempées dans l'eau servaient à laver le corps des défunts, en Iran, en Irak, en Inde et en Arabie saoudite, et une source ancienne rapporte que les femmes d'Égypte et du Levant s'en servaient pour se coiffer (Dafni et al., 2005). Le lotus du Coran est généralement identifié à cet arbre, que les musulmans tiennent pour sacré (Dafni et al., 2005). La poudre de feuilles, délayée dans de l'eau tiède, reste employée comme shampoing traditionnel. Les feuilles contiennent des saponines, dont la christinine-A, qui sert de marqueur chimique de l'extrait (Michel et al., Journal of Ethnopharmacology, 2011). Le fruit, frais ou séché, se mange comme une friandise. Une revue recense aussi des usages traditionnels contre le diabète, les troubles digestifs, les problèmes de foie, les infections de la peau, les troubles urinaires et l'insomnie (Abdulrahman et al., Advances in Pharmacological and Pharmaceutical Sciences, 2022). Que dit la science sur les cheveux et la peau ? Une équipe égyptienne a formulé un shampoing entièrement végétal à partir d'extraits de trois plantes, le sidr, le saule et la réglisse, évalué en laboratoire. L'extrait de sidr avait la plus forte teneur en polyphénols, riche aussi en cuivre, en zinc et en manganèse, et la meilleure activité antioxydante des trois (Bakr et al., Journal of Pharmacy and Bioallied Sciences, 2019). C'est un travail de formulation : aucune étude ne montre que le sidr fait pousser les cheveux ou arrête leur chute. Le seul essai clinique trouvé porte sur l'acné. En Iran, des personnes de 15 à 45 ans atteintes d'acné légère à modérée (80 annoncées par les auteurs) ont appliqué pendant six semaines une solution de sidr ou un placebo, en plus d'un antibiotique local, la clindamycine à 1 %. Parmi les 68 qui ont terminé l'essai, les lésions ont davantage baissé dans le groupe sidr, sans effet indésirable grave (Shakiba et al., Journal of Dermatological Treatment, 2021). C'est un essai unique et de petite taille. Et la glycémie ? Chez le rat rendu diabétique, un extrait de feuilles donné pendant 28 jours a fait baisser la glycémie et l'hémoglobine glyquée, et augmenté l'insuline (Michel et al., 2011). Chez des rats obèses et diabétiques, des extraits de fruits et de feuilles ont réduit la glycémie et le poids (Alshammari et al., RSC Advances, 2025). En laboratoire, des extraits de la plante freinent l'alpha-glucosidase, une enzyme qui découpe les sucres dans l'intestin (Elbashir et al., BMC Complementary and Alternative Medicine, 2018, étude de 18 plantes soudanaises). Nous n'avons trouvé aucun essai chez des personnes diabétiques, et la revue de 2022 rappelle que la sécurité et l'efficacité du sidr n'ont pas été pleinement évaluées chez l'humain. Le sidr ne remplace pas un traitement.
Nom scientifique
Ziziphus spina-christi
Piliers santé
Composés actifs
Noms locaux
Bienfaits documentés
- Usage traditionnel des feuilles en poudre pour laver les cheveux et le corps (sidr) ; aucun effet prouvé sur la pousse ou la chute des cheveux
- Acné : un essai iranien de petite taille montre un effet d'une solution de sidr ajoutée à un antibiotique local
- Glycémie : effets observés chez le rat et en laboratoire seulement ; aucun essai clinique humain trouvé
- Fruit comestible (nabq) : fibres, minéraux et polyphénols. À ne pas confondre avec le nbeg du Maghreb (Z. lotus) ni le jujubier sahélien (Z. mauritiana)
Preuves traditionnelles
Sidr est intégrée dans les pratiques médicinales traditionnelles de plusieurs pays d'Afrique francophone. Son usage est documenté dans les marchés, les familles et les pratiques des guérisseurs locaux.
Connue localement sous plusieurs noms vernaculaires selon les communautés — ce qui témoigne de son enracinement culturel dans la phytothérapie régionale.
Preuves scientifiques
Les études suivantes, publiées dans des revues scientifiques indexées, concernent les propriétés de Sidr (Ziziphus spina-christi).
From Nature to Emergency: Cardiac Complications Following the Consumption of Unwashed Fruit.
Cureus — 2025
Cas clinique au Qatar : un homme de 25 ans a eu de fortes douleurs abdominales, un pouls très lent, une hypotension et un bloc auriculo-ventriculaire après avoir mangé des fruits de sidr non lavés. Les examens ont exclu une cause cardiaque ou coronarienne ; une contamination par des pesticides est soupçonnée, sans exclure un effet de la plante à forte dose. Résolution complète des symptômes sous traitement de soutien.
Accéder à l'étude →Ethnopharmacology, Biological Evaluation, and Chemical Composition of Ziziphus spina-christi (L.) Desf.: A Review.
Advances in Pharmacological and Pharmaceutical Sciences — 2022
Revue de 186 articles sur Ziziphus spina-christi (sidr) : usages traditionnels contre le diabète, les troubles digestifs, les problèmes de foie, les infections de la peau, les troubles urinaires et l'insomnie ; 193 composés décrits, surtout des polyphénols et flavonoïdes ; effets antioxydants, antimicrobiens et anti-inflammatoires de l'extrait de feuilles observés hors de l'humain. Les auteurs rappellent que sécurité et efficacité n'ont pas été pleinement évaluées chez l'humain.
Accéder à l'étude →Effect of Cedar (Ziziphus spina-christi) topical solution in mild to moderate acne vulgaris: a randomized clinical study.
Journal of Dermatological Treatment — 2021
Essai randomisé en double aveugle mené en Iran chez des patients de 15 à 45 ans atteints d'acné légère à modérée (80 annoncés) : six semaines de solution de sidr ou de placebo, en plus de clindamycine 1 % locale. Chez les 68 qui ont terminé, le nombre de lésions et l'indice de sévérité ont davantage baissé dans le groupe sidr aux semaines 6 et 8, sans effet indésirable grave. Un seul essai, de petite taille.
Accéder à l'étude →Anti-diabetic activity and stability study of the formulated leaf extract of Zizyphus spina-christi (L.) Willd with the influence of seasonal variation.
Journal of Ethnopharmacology — 2011
Étude égyptienne chez le rat rendu diabétique : 28 jours d'extrait de feuilles de sidr (200 mg/kg), seul ou en capsules, ont fait baisser la glycémie et normalisé l'hémoglobine glyquée, et augmenté l'insuline ; en laboratoire, l'extrait freine l'alpha-amylase. L'activité varie selon la saison de récolte. Aucune donnée humaine.
Accéder à l'étude →The ethnobotany of Christ's Thorn Jujube (Ziziphus spina-christi) in Israel.
Journal of Ethnobiology and Ethnomedicine — 2005
Étude ethnobotanique sur le sidr au Proche-Orient chez les musulmans, les juifs, les chrétiens et les druzes : seul arbre jugé « saint » par les musulmans, « béni » chez les druzes ; feuilles trempées pour laver les défunts (Iran, Irak, Inde, Arabie saoudite) ; une source ancienne rapporte que les femmes d'Égypte et du Levant s'en servaient pour se coiffer. Les auteurs notent que le nom « sidr » désigne aussi Ziziphus lotus. Étude descriptive, sans évaluation d'efficacité.
Accéder à l'étude →Précautions et contre-indications
Le fruit mûr, mangé en quantité alimentaire, fait partie de l'alimentation traditionnelle ; lavez-le avant de le manger. Au Qatar, un homme de 25 ans a eu un pouls très lent, une chute de tension et un trouble de la conduction cardiaque après avoir mangé des fruits de sidr non lavés ; les médecins soupçonnent des pesticides, sans exclure un effet de la plante à forte dose (Tabouni et al., Cureus, 2025). Diabète : les extraits de feuilles et de fruits abaissent la glycémie chez le rat ; pris avec un antidiabétique (metformine, sulfamides, insuline), une décoction pourrait en théorie ajouter son effet. Aucune interaction n'a été décrite chez l'humain, mais parlez-en au médecin et surveillez votre glycémie ; le fruit, sucré, se compte dans la ration. Tension : une activité antihypertensive est évoquée dans la littérature ; si vous prenez un traitement pour la tension, demandez l'avis du médecin avant tout extrait ou décoction. Grossesse, allaitement et enfants : aucune donnée humaine. La plante figure parmi celles que des Bédouins employaient pour limiter les naissances, et chez le rongeur, une ration riche en pousses et en fruits de sidr a retardé la puberté et réduit la survie des petits (Shappira et al., Journal of Chemical Ecology, 1990) : pas de décoction ni d'extrait pendant la grossesse, l'allaitement ou si vous cherchez à concevoir. Allergie : une anaphylaxie au fruit d'un jujubier voisin, Z. mauritiana, a été décrite (Aberumand et Borici-Mazi, Allergy, Asthma & Clinical Immunology, 2020) ; arrêtez en cas de démangeaisons, d'urticaire ou de gêne respiratoire. Usage externe : testez la pâte sur une petite zone de peau 24 heures avant, et évitez les yeux. Consulter un professionnel de santé avant tout usage médicinal, et ne jamais arrêter un traitement prescrit pour le remplacer par le sidr.
Toujours consulter un professionnel de santé qualifié avant d'utiliser cette plante, en particulier si vous avez des conditions médicales préexistantes ou prenez des médicaments.
Modes de préparation
Fruit mûr, bien lavé, consommé frais ou séché, comme aliment Usage traditionnel externe : poudre de feuilles délayée dans de l'eau tiède en pâte, appliquée sur les cheveux puis rincée Usage traditionnel : infusion ou décoction de feuilles, sans dose proposée par la plateforme Quantités et durées : demandez l'avis d'un professionnel de santé.
Ces informations sont indicatives. La préparation exacte dépend de la partie de la plante utilisée, de sa disponibilité locale, et de votre condition de santé. Consultez un tradipraticien ou un professionnel de santé pour un protocole adapté.
Articles liés à Sidr
Poudre de jujubier pour cheveux : sidr, qasil et sidem, le shampoing sans sulfate du Sahel
Poudre de jujubier (sidr, qasil, sidem) pour cheveux : espèces, saponines, pâte lavante, bain d'huile, cheveux crépus et précautions. Ce que disent les études.
diabete naturelNbeg (jujubier) et diabète au Maroc : feuilles de sidr ou fruit ?
Le nbeg (jujubier) fait-il baisser la glycémie ? Feuilles de sidr en décoction, fruit séché à limiter, preuves réelles, dose et précautions au Maroc.
diabete naturelFeuilles de goyavier diabète : preuves et guide 2026
Feuilles de goyavier diabète : preuves scientifiques, infusion, dosage et comparatif honnête tradipraticiens vs médecine moderne en Afrique francophone.
diabete naturelنظام غذائي لمرضى السكري: جدول أسبوع مغربي كامل بالكسكس والحريرة
جدول نظام غذائي لمرضى السكري لمدة أسبوع في المغرب: فطور وغداء وعشاء لكل يوم، كسكس الجمعة والحريرة والطاجين بالحصة الصحيحة، وترتيب الأكل الذي يخفض قمة السكر.
diabete naturelCannelle (qerfa) et glycémie au Maroc : quelle quantité par jour ?
Cannelle (qerfa) et glycémie au Maroc : dose quotidienne sûre, différence Cassia/Ceylan (coumarine), usage halal dans le thé et garde-fous si vous êtes traité.
diabete naturelPlantes pour diabète Afrique : guide complet et preuves 2026
Plantes pour diabète Afrique : moringa, kinkeliba, feuille amère. Preuves scientifiques, protocoles concrets et patrimoine végétal étudié pour votre glycémie.
Plantes similaires
Aloès de Madagascar (Vahona)
Le vahona (Aloe macroclada) est un aloès charnu endémique des hauts plateaux de Madagascar, autour d'Antananarivo et de Fianarantsoa. À distinguer de l'Aloe vera importé : les Malgaches regroupent les deux sous le nom « vahona ». Étudié par l'IMRA (Institut Malgache de Recherches Appliquées) pour ses effets hypoglycémiants, il est utilisé par les ombiasy (guérisseurs) depuis des générations pour les brûlures et la peau. Le gel se prête à l'usage externe ; le latex jaune interne demande les mêmes précautions que tout aloès.
Baobab
Le baobab, arbre millénaire d'Afrique, donne un fruit dont la pulpe est un superaliment naturel. Riche en vitamine C, traditionnellement cité pour la fatigue et l'immunité.
Mombin
Mombin (Spondias mombin), connue sous le nom de « Atilé / Akikõ » (BJ), documentée dans 3 pays d'Afrique francophone, telle que référencée dans la pharmacopée traditionnelle. Piliers concernés : beauté & peau, digestion & ventre.
Papaye
Le papayer est un arbre fruitier universel en Afrique tropicale. Au-delà de ses fruits savoureux, ses feuilles et ses graines sont utilisées pour leurs vertus digestives et réparatrices.
Arbre de vie
Arbre de vie (Newbouldia laevis), connue sous le nom de « Mãgblɔ́ » (TG), documentée dans 4 pays d'Afrique francophone, telle que référencée dans la pharmacopée traditionnelle. Piliers concernés : vitalité masculine, énergie & fatigue, beauté & peau, fertilité & femme.