Plantes médicinales en Algérie
Explorez les plantes médicinales utilisées en Algérie, leurs bienfaits prouvés et leurs usages traditionnels.


Acérola
Malpighia emarginata

Ail cru
Nom local : Thoum

Aloe vera
Nom local : Sabbar

Amandier (huile d'amande douce)
Nom local : Louz

Ananas
Ananas comosus

Anis vert
Nom local : Habbat hlawa

Arganier
Nom local : Argan

Argousier
Hippophae rhamnoides

Ashwagandha
Withania somnifera

Aubépine
Nom local : Boumekherri

Badiane (anis étoilé)
Nom local : Nejma

Bardane
Arctium lappa

Bouleau blanc
Betula pendula

Bourrache officinale
Nom local : Bourrache

Bugle ivette
Nom local : Chendgoura

Camomille
Nom local : Babounej

Cannelle de Ceylan
Nom local : Karfa

Caroubier
Nom local : Kharroub

Carvi (graines)
Nom local : Karwiya

Cassis (feuilles)
Nom local : Cassis

Citron
Nom local : Qares
Citronnelle
Nom local : Louiza

Coriandre (graines)
Nom local : Kosbour

Cresson de fontaine
Nom local : Guernounech

Cumin (graines)
Nom local : Kammoun

Cynorhodon (Églantier)
Nom local : Nesri

Datte Medjool
Nom local : Tmar

Dong Quai
Angelica sinensis

Éleuthérocoque
Eleutherococcus senticosus

Eucalyptus
Nom local : Kalitous

Fenouil
Nom local : Besbas

Fenugrec
Nom local : Helba

Fleur d'oranger (néroli)
Nom local : Ma Zhar

Framboisier (feuilles)
Nom local : Tut el-ghaba

Fucus vésiculeux
Nom local : Fucus

Garcinia cambogia
Nom local : Garcinia

Gattilier
Nom local : Vitex

Ginseng asiatique
Panax ginseng
Girofle (clou de girofle)
Nom local : Qronfol / Krenfel
Gombo
Nom local : Bamia
Grenade (grenadier)
Nom local : Roman

Guarana
Paullinia cupana

Gui blanc
Nom local : Debq

Henné
Nom local : Henna

Jojoba
Simmondsia chinensis

Kaf Maryam
Anastatica hierochuntica

Khella (Ammi visnaga)
Nom local : Khella

Konjac
Amorphophallus konjac

Lavande officinale
Nom local : Khzama

Lentisque (Pistachier lentisque)
Nom local : Drou

Luzerne (Alfalfa)
Nom local : Fessa

Mauve sylvestre
Nom local : Khoubeiza

Mélisse officinale
Nom local : Habaq el limoun

Menthe pouliot
Nom local : Fliou

Menthe verte
Nom local : Naânaâ

Millepertuis
Nom local : Hyperikoun

Nopal (figuier de Barbarie)
Nom local : Karmous nsara

Oignon
Nom local : Bsal

Olivier (feuilles)
Nom local : Zitoun

Onagre
Nom local : Huile d'onagre

Orthosiphon
Orthosiphon stamineus

Ortie piquante
Nom local : Hourrayga

Palmier nain, sabal
Nom local : Saw palmetto

Pamplemousse
Citrus paradisi
Persil
Nom local : Maadnous

Piloselle
Hieracium pilosella

Piment de Cayenne
Nom local : Felfel ahmar

Pissenlit
Nom local : Tilfaf

Queues de cerise
Nom local : Dhanab el karaz

Radis noir
Nom local : Fjel akhal

Reine-des-prés
Nom local : Reine des prés

Rhodiola
Rhodiola rosea

Ricin (huile de ricin)
Ricinus communis

Romarin officinal
Nom local : Iklil el jabal

Rose de Damas
Nom local : Ward Damaski

Sauge officinale
Nom local : Salmia

Scrofulaire noueuse
Nom local : Scrofulaire

Shatavari
Asparagus racemosus

Souchet rond (Cyperus rotundus)
Nom local : Saad

Souci officinal (calendula)
Nom local : Souci

Stévia
Stevia rebaudiana

Thé vert
Nom local : Atay khdar

Thym
Nom local : Zaâter

Tilleul (aubier et bractées)
Nom local : Zeyzafoun

Trèfle rouge
Nom local : Nefla hamra

Tribulus terrestre
Nom local : Hassak

Valériane
Nom local : Sounboul

Verveine odorante
Nom local : Louiza

Yam sauvage (Dioscorée)
Dioscorea villosa

Acacia nilotica (gonakier)
Acacia nilotica

Acajou bord-de-mer
Khaya grandifoliola

Agripaume cardiaque
Leonurus cardiaca

Anacardier (feuilles)
Anacardium occidentale

Anchomanès, langue de bœuf
Anchomanes difformis

Armoise annuelle
Artemisia annua

Armoise blanche (Chih)
Nom local : Chih

Aubergine africaine (feuilles)
Solanum aethiopicum

Avocatier (feuilles)
Persea americana

Bahia
Hallea ciliata

Baobab
Adansonia digitata

Basilic africain
Ocimum gratissimum

Basilic sacré (Tulsi)
Ocimum sanctum

Bissap (Hibiscus)
Nom local : Karkadé

Bois bandé africain (Uvaria chamae)
Uvaria chamae

Cacaoyer
Theobroma cacao
Caïlcédrat (Khaya senegalensis)
Khaya senegalensis

Canne d'Afrique (Costus)
Costus afer

Casse fétide
Senna occidentalis

Cassia italica
Cassia italica

Catuaba
Erythroxylum catuaba

Clausène anisée (Faux anis)
Clausena anisata

Cnestis ferrugineuse
Cnestis ferruginea

Cocotier (huile de coco)
Cocos nucifera

Corossol
Annona muricata

Cresson alénois
Lepidium sativum

Crinum lys d'eau
Crinum jagus

Curcuma
Curcuma longa

Damiana
Turnera diffusa

Desmodium
Desmodium adscendens

Ditakh
Detarium microcarpum

Djansang
Ricinodendron heudelotii

Djéka
Justicia secunda

Épimède, herbe au bouc, horny goat weed
Epimedium grandiflorum

Fagara, poivre de Sénégal
Zanthoxylum zanthoxyloides

Fruit à 4 côtés
Tetrapleura tetraptera

Gezzah
Pituranthos chloranthus

Gingembre africain
Nom local : Skinjbir

Ginseng africain (Mondia)
Mondia whitei

Globulaire turbith
Globularia alypum
Gnetum (okok / fumbwa)
Gnetum africanum
Goyave (feuilles de goyavier)
Psidium guajava

Griffonia
Griffonia simplicifolia

Herbe à bouc (Ageratum)
Ageratum conyzoides

Iboga
Tabernanthe iboga

Jamblon
Syzygium cumini
Jujubier (jujube)
Ziziphus mauritiana

Karité
Vitellaria paradoxa

Kinkéliba
Combretum micranthum

Kpoli
Securidaca longepedunculata

Maca andine
Lepidium meyenii

Mangoustanier
Garcinia mangostana

Maniguette
Aframomum melegueta

Marrube blanc
Marrubium vulgare

Masonjoany
Santalina madagascariensis

Mbom
Alchornea cordifolia

Mombin
Spondias mombin

Momordique amère
Momordica charantia

Mondia, racine de mondia
Mondia whitei

Moringa
Moringa oleifera

Mucuna
Mucuna pruriens

Neem
Azadirachta indica
Néré
Parkia biglobosa

Newbouldia
Newbouldia laevis

Nger
Guiera senegalensis

Nigelle noire
Nom local : Habba sawda

Noix de cola
Cola nitida

Oubli
Pentadiplandra brazzeana

Papaye
Carica papaya

Parquétina noir
Parquetina nigrescens

Passiflore
Passiflora incarnata

Paullinia pennée
Paullinia pinnata

Pervenche de Madagascar
Catharanthus roseus
Petit cola (Garcinia kola)
Garcinia kola

Picralima (Akuamma)
Picralima nitida

Piliostigma de Thonning
Piliostigma thonningii

Poivre de Guinée
Xylopia aethiopica

Poivre uziza, poivre d'Afrique de l'Ouest
Piper guineense

Pomme cannelle sauvage (Annona)
Annona senegalensis

Pygeum africain
Prunus africana

Rauvolfia (serpentina)
Rauvolfia serpentina

Rauvolfia africaine (Bois amer)
Rauvolfia vomitoria

Ravintsara
Cinnamomum camphora ct cinéole

Roucouier
Bixa orellana
Safou
Dacryodes edulis

Saucissonnier
Kigelia africana

Séné
Senna alexandrina

Souchet comestible (Tigernut)
Cyperus esculentus

Spiruline
Arthrospira platensis

Tamarinier
Tamarindus indica

Tamarinier noir, dialium
Dialium guineense

Tongkat Ali, longjack
Eurycoma longifolia

Vernonia (Feuille amère)
Vernonia amygdalina

Verveine des Indes
Cymbopogon citratus

Yohimbé
Pausinystalia yohimbe

Zaatar marocain
Origanum compactum
Questions fréquentes
Retrouvez les réponses aux questions les plus posées sur ce sujet.
- Quelles sont les plantes médicinales les plus utilisées en Algérie ?
La pharmacopée algérienne s'organise autour de quatre plantes phares : la habba sawda (nigelle), la chendgoura (ajuga iva), les feuilles d'olivier (warak ezzitoun) et le karkadé. S'y ajoutent le fenugrec, le harmel, la chiba et la verveine, présentes dans presque tous les foyers maghrébins urbains et ruraux.
- Où acheter des plantes médicinales fiables en Algérie ?
Les herboristeries identifiées des grands souks d'Alger, Oran, Constantine et Annaba restent une référence pour l'achat de plantes en vrac. Les pharmacies algériennes proposent également des plantes conditionnées et contrôlées. Évitez les vendeurs ambulants et les achats en ligne sans traçabilité, sources fréquentes d'adultération et de contamination.
- La habba sawda est-elle vraiment efficace selon la science ?
La habba sawda fait l'objet de plusieurs études publiées dans le Journal of Ethnopharmacology et indexées sur PubMed concernant la glycémie, le profil lipidique et l'inflammation. Les résultats sont prometteurs mais hétérogènes. Aucune publication n'autorise à remplacer un traitement antidiabétique : son rôle reste complémentaire, sous suivi médical.
- Peut-on prendre des plantes pendant le Ramadan en Algérie ?
Oui, mais en adaptant les horaires : tisanes et préparations végétales sont consommées entre le f'tour et le s'hour, jamais pendant le jeûne. Les diabétiques jeûneurs doivent ajuster avec leur médecin, car certaines plantes hypoglycémiantes comme le fenugrec ou la chendgoura peuvent provoquer une hypoglycémie en fin de journée.
- Les plantes peuvent-elles remplacer la Metformine en cas de diabète ?
Non. Aucune plante n'a démontré une équivalence avec la Metformine en termes d'efficacité prouvée et de sécurité. La chendgoura, le fenugrec et les feuilles d'olivier peuvent soutenir le contrôle glycémique en complément, jamais en substitution. L'arrêt unilatéral d'un antidiabétique expose à des complications cardiovasculaires sérieuses et doit toujours être discuté en consultation.
- Quelles plantes éviter pendant la grossesse en Algérie ?
Plusieurs plantes courantes du foyer algérien sont déconseillées pendant la grossesse : harmel (Peganum harmala), armoise (chiba), nigelle à fortes doses, fenugrec en grande quantité. Le persil concentré et certaines préparations utérotoniques traditionnelles sont aussi à éviter. Toute préparation végétale doit être validée par le médecin suivant la grossesse, sans exception.
- Pourquoi citer les plantes par leur nom darja avant le français ?
Parce que la majorité des Algériens reconnaissent une plante par son nom usuel — habba sawda, chendgoura, warak ezzitoun, louiza — avant son nom scientifique. Citer le nom darja en premier est un signal d'ancrage local : on parle de la plante que la grand-mère préparait à Constantine ou à Tlemcen, pas d'un produit importé.
À savoir avant de parcourir cette encyclopédie
L'Algérie possède l'une des pharmacopées traditionnelles les plus riches du Maghreb. Les enquêtes ethnobotaniques publiées dans le Journal of Ethnopharmacology documentent à elles seules plus de 56 espèces utilisées pour les troubles féminins dans le Sahara septentrional, et l'usage des plantes reste vivant dans les foyers urbains comme ruraux. Cette encyclopédie rassemble les plantes utilisées en Algérie — qu'elles poussent dans les hauts plateaux, le Tell ou les oasis sahariennes, qu'elles passent par les herboristeries des souks d'Alger, d'Oran et de Constantine, ou qu'elles soient héritées de la médecine prophétique (Tibb al-Nabawi).
Notre approche éditoriale repose sur trois principes. D'abord, le respect de la nomenclature locale : chaque plante est nommée par son terme algérien usuel (darja ou berbère) avant le nom français, pour que le lecteur reconnaisse immédiatement ce que sa grand-mère préparait. Ensuite, la priorité donnée aux sources primaires : études d'ethnobotanique réalisées en Algérie (Souk Ahras, Tlemcen, Oran), publications scientifiques évaluées par les pairs, données du Ministère de la Santé algérien. Enfin, la prudence : toute plante peut interagir avec un traitement, et l'automédication végétale n'est jamais anodine quand on vit avec un diabète, une hypertension ou une grossesse.
Cette encyclopédie ne remplace pas une consultation médicale. Elle cartographie un savoir, le replace dans son contexte algérien, et signale les précautions documentées. Pour une personne diabétique sous Metformine ou hypertendue sous traitement — situations très fréquentes en Algérie où la prévalence du diabète atteint près de 14,5 % chez l'adulte — la phytothérapie se discute toujours avec un professionnel de santé qualifié.
Plantes emblématiques de la pharmacopée algérienne
Quatre plantes structurent la médecine traditionnelle algérienne et reviennent dans toutes les enquêtes ethnobotaniques menées entre Tlemcen, Souk Ahras et le M'zab.
- Habba sawda (nigelle, Nigella sativa) — la plante au plus haut signal de confiance dans le Maghreb musulman. La tradition prophétique la cite comme remède à « toute maladie sauf la mort », un cadrage culturel encore très actif chez les lecteurs algériens. Elle se consomme en graines moulues sur un yaourt, en huile à jeun, ou parsemée sur le pain msemen et le khobz dar. Elle fait l'objet de plusieurs publications dans le Journal of Ethnopharmacology sur le métabolisme glucidique et la vitalité masculine. Précaution documentée : interactions possibles avec anticoagulants et antidiabétiques.
- Chendgoura (Ajuga iva) — endémique aux hauts plateaux algériens, mentionnée dans l'étude ethnobotanique de Souk Ahras comme plante phare contre le diabète de type 2. Son amertume marquée explique son usage en infusion légère, jamais en cure prolongée sans avis professionnel.
- Feuilles d'olivier (warak ezzitoun, Olea europaea) — issues des oliveraies de Kabylie et de la Mitidja, c'est l'un des deux remèdes les plus cités contre l'hypertension dans la pharmacopée algérienne. Elles se consomment en décoction, souvent associées à l'huile d'olive du quotidien.
- Karkadé (hibiscus, Hibiscus sabdariffa) — arrivé par les routes sahariennes, étudié pour son effet sur la tension artérielle. À utiliser avec prudence si traitement antihypertenseur en cours.
S'ajoutent le harmel (Peganum harmala) et la chiba (armoise blanche), qui demandent une vigilance accrue : le harmel est neuro-actif et sa préparation domestique mal maîtrisée a déjà fait l'objet d'alertes relayées par l'Agence de Presse Service. Toute préparation se fait sous conseil professionnel.
Approche naturopathique dans le contexte algérien
L'usage des plantes en Algérie ne se pense pas isolément : il s'intègre dans un quotidien alimentaire, social et religieux structuré. Trois moments calendaires concentrent l'essentiel des préparations végétales du foyer.
Le Ramadan reconfigure totalement le rapport aux plantes. La chorba frik et la harira sont enrichies de menthe (na'na'), de coriandre (kasbour) et de cumin (kemoun) — non seulement pour le goût, mais pour soutenir la digestion après une journée de jeûne. La tisane de verveine (louiza) après le f'tour est quasi rituelle dans de nombreux foyers d'Alger et d'Oran. Les infusions de fenouil et d'anis vert accompagnent les dattes et le lait au moment de rompre le jeûne, pour adoucir la reprise alimentaire.
L'huile d'olive, omniprésente dans le couscous, le chakhchoukha et le tadjine, est elle-même la base d'usages thérapeutiques : application cutanée, rinçage capillaire, prise à jeun. Elle constitue un canal naturel d'absorption pour les plantes liposolubles. Le miel et la dattes deglet nour partagent cette même fonction de support, en particulier au s'hour pour stabiliser l'énergie de la journée de jeûne.
Enfin, le café et les infusions du matin sont devenus, dans les ménages soucieux de glycémie ou de tension, un véhicule pour intégrer cannelle, gingembre, ou feuilles d'olivier sans rupture du rituel social. Cette logique d'intégration — plutôt que d'ajout — est la signature d'une approche naturopathique algérienne efficace : on ne demande pas à une personne diabétique de prendre une « cure », on glisse la plante dans son verre du matin. Cette continuité quotidienne explique en partie pourquoi une majorité des diabétiques algériens déclarent utiliser des plantes médicinales en parallèle de leur traitement, selon les enquêtes ethnobotaniques nationales.
Erreurs courantes à éviter avec les plantes
Cinq erreurs reviennent systématiquement dans les consultations des médecins et pharmaciens algériens face à un patient qui utilise des plantes.
- Remplacer le traitement médical prescrit. Une personne diabétique qui arrête sa Metformine pour passer à la chendgoura ou au fenugrec se met en danger. La phytothérapie peut compléter, jamais se substituer à un traitement validé.
- Suivre des recettes virales sur Facebook ou TikTok sans vérifier l'identité de la plante. Les groupes de santé algériens partagent quotidiennement des « cures miracles » mélangeant cinq à dix plantes, parfois mal identifiées. La confusion entre harmel et autre solanacée, entre armoise blanche (chiba) et armoise commune, peut entraîner des intoxications.
- Ignorer les interactions médicamenteuses. La habba sawda interagit avec les anticoagulants et les antidiabétiques ; le karkadé peut faire chuter la tension chez une personne déjà sous antihypertenseur ; le millepertuis annule l'effet de certaines pilules contraceptives. Aucune plante n'est neutre.
- Utiliser des plantes pendant la grossesse sans avis médical. Le harmel, la nigelle à fortes doses, certaines préparations à base d'armoise sont déconseillées pendant la grossesse — pourtant elles continuent d'être recommandées par certaines traditions familiales.
- Ignorer la provenance et la pureté. Les plantes vendues en vrac dans certains souks peuvent être adultérées, mélangées avec des plantes proches, ou contaminées (résidus de pesticides, métaux lourds). Privilégier les herboristeries identifiées d'Alger, Oran ou Constantine, ou les pharmacies vendant des plantes contrôlées.
Une règle simple les résume toutes : informer son médecin ou son pharmacien de chaque plante consommée, comme on déclare un médicament.
Quand consulter un professionnel de santé
Cinq situations imposent l'arrêt de toute automédication végétale et la consultation immédiate d'un médecin, d'un pharmacien ou d'un cardiologue, selon le cas.
- Glycémie capillaire qui chute brutalement chez une personne diabétique sous traitement, après l'introduction d'une plante hypoglycémiante (fenugrec, ajuga iva, olivier). Le risque est l'hypoglycémie sévère, en particulier la nuit. Tout vertige, sueurs froides ou confusion exige un contrôle.
- Tension artérielle qui devient instable — passages d'hypertension à hypotension, vertiges en se levant — chez une personne sous traitement antihypertenseur consommant feuilles d'olivier, ail concentré ou karkadé. La combinaison peut sur-doser l'effet attendu.
- Grossesse confirmée. Toute préparation végétale, même familière (habba sawda, harmel, armoise), doit être validée par un médecin avant la poursuite. Plusieurs plantes utilisées traditionnellement en Algérie sont aujourd'hui documentées comme à risque pendant la grossesse.
- Symptôme persistant au-delà de quelques jours — douleur abdominale, fièvre, saignement, fatigue inexpliquée, perte de poids non voulue, plaie qui ne cicatrise pas. La phytothérapie peut masquer un cancer débutant, une infection bactérienne sérieuse, ou une décompensation cardiaque. Le Plan national de lutte contre le cancer 2025-2035 du Ministère de la Santé insiste précisément sur ce point : un diagnostic précoce sauve des vies, et le retour à la médecine traditionnelle ne doit jamais retarder une consultation.
- Enfants en bas âge. Toute plante médicinale chez l'enfant de moins de 5 ans doit être encadrée par un pédiatre — les usages adultes ne se transposent pas par simple division.
Dans le doute, c'est la consultation qui tranche, jamais le forum.