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Diabète & glycémie11 min de lecture

Artemisia en arabe algérien : chih, chajret Meriem et absinthe

Artemisia en arabe algérien : chih (الشيح) pour l'armoise blanche, chajret Meriem pour l'absinthe. Les noms d'Oran à Oujda et les précautions à connaître.

Kofi Mensah
Rédacteur santé — diabète & plantes hypoglycémiantes2,136 mots
Touffe grise d’armoise blanche (chih, Artemisia herba-alba) sur un sol sec de steppe, plante à distinguer de l’absinthe en Algérie
Table des matières (7)
  1. Comment dit-on artemisia en arabe algérien ?
  2. Quel est le nom de l'absinthe en arabe algérien ?
  3. Pourquoi le même nom change-t-il entre Oran et Oujda ?
  4. Comment reconnaître le chih et l'absinthe chez l'attar ?
  5. Que disent les études sur l'armoise blanche et la glycémie ?
  6. Quels sont les dangers de l'absinthe et de sa thuyone ?
  7. Qui doit éviter le chih et l'absinthe ?

En arabe algérien, l'artemisia la plus vendue est l'armoise blanche, le chih (الشيح), dite izri en amazigh. L'absinthe s'appelle souvent chajret Meriem (شجرة مريم), et chiba (شيبة) au Maroc. Ne pas confondre compte : au Maroc, 10,6 % des adultes sont diabétiques (STEPS Maroc 2017-18), et ces plantes n'ont pas les mêmes risques.

Rédigé et relu en interne par la rédaction SantéSource. Ce contenu n'a pas été revu par un professionnel de santé et ne remplace pas un avis médical.

⚕️ Avis médical : Article informatif. Consultez un professionnel avant tout protocole, surtout en cas de grossesse, allaitement ou traitement (antidiabétiques, anticoagulants). Détails en fin d'article.

À Oran, à Tlemcen ou à Oujda, personne ne demande « artemisia » chez l'herboriste. On demande du chih, ou un brin de chiba pour le thé d'hiver. Les deux sont des armoises, mais ce ne sont pas les mêmes plantes, et leurs risques diffèrent. Ce guide donne les noms algériens, puis explique comment ne pas se tromper au comptoir de l'attar (عطّار).

Pour le panorama complet des appellations marocaines, voyez notre page sur l'armoise en arabe et ses noms au Maghreb. Ici, on se concentre sur l'Algérie et sur la manière dont les noms passent d'un côté à l'autre de la frontière.

Comment dit-on artemisia en arabe algérien ?

Le mot latin Artemisia désigne un genre entier, riche de nombreuses espèces aux compositions chimiques très différentes (Bora et Sharma, 2011, Pharmaceutical Biology) [6]. En arabe algérien, il n'existe donc pas un mot unique pour « artemisia » : le nom dépend de l'espèce que vous avez en main.

L'espèce la plus courante en Algérie est l'armoise blanche (chih, الشيح), Artemisia herba-alba. C'est la plante grise et odorante des Hauts-Plateaux et des steppes. Dans les parlers amazighs, on entend izri ou wazri. Au marché, « chih » suffit presque toujours. Les recherches en ligne écrivent parfois « chir » : c'est en général une transcription approximative du même mot.

Les usages traditionnels se ressemblent des deux côtés de la frontière : digestion, régulation du cycle, glycémie. Au Maroc, le chih figure parmi les plantes antidiabétiques citées dans les enquêtes de terrain de Fès-Boulemane (Jouad et al., 2001, Journal of Ethnopharmacology) [2], du Tafilalet (Eddouks et al., 2002, Journal of Ethnopharmacology) [3] et de la province d'Errachidia (Tahraoui et al., 2007, Journal of Ethnopharmacology) [4].

Quel est le nom de l'absinthe en arabe algérien ?

La grande absinthe, Artemisia absinthium, porte plusieurs noms. En arabe standard, c'est afsantine (أفسنتين). Au Maroc, on dit chiba (شيبة) : c'est elle qu'on glisse dans l'atay en hiver. En Algérie, on l'appelle souvent chajret Meriem (شجرة مريم), « l'arbre de Marie ».

Attention, l'usage de chajret Meriem varie selon les régions. Dans certaines familles, le même nom désigne une autre armoise. Aucune règle nationale ne tranche, et c'est là que naissent les erreurs. Quand on vous parle d'« absinthe en arabe », demandez toujours à voir la plante.

Pourquoi le même nom change-t-il entre Oran et Oujda ?

L'Oriental marocain et l'Ouest algérien partagent les mêmes plantes, des familles liées et des recettes proches. Les conseils circulent par WhatsApp, entre cousins, avec le nom tel qu'on le prononce à la maison. Un nom voyage vite. La bonne plante, pas toujours.

Une mère d'Oujda qui réclame de la chiba pense à l'absinthe. Une tante d'Oran qui parle de chajret Meriem peut viser la même plante, ou une autre selon sa région. Le chih, lui, garde le même nom des deux côtés : c'est le plus fiable des trois.

Chez l'attar, ces plantes se vendent en vrac, sans nom latin, sans notice ni numéro de lot. Le nom prononcé au comptoir reste le seul identifiant. Respecter le savoir des aînés n'empêche pas de vérifier l'espèce.

Comment reconnaître le chih et l'absinthe chez l'attar ?

CritèreArmoise blancheGrande absintheArmoise annuelle
Nom latinArtemisia herba-albaArtemisia absinthiumArtemisia annua
En Algériechih (الشيح), izri, wazrichajret Meriem (شجرة مريم), selon les régionspeu présente
Au Marocchih (الشيح)chiba (شيبة)rare
Aspectpetit buisson gris-blanc, feuilles très fines et laineusesfeuilles plus larges, découpées, gris argentéfeuilles vertes finement découpées
Goûtaromatique, légèrement amertrès amerodeur douce
Risque principalgrossesse, hypoglycémie sous traitementthuyone neurotoxiqueconfusion avec le chih

Règle simple : si la plante est franchement amère en bouche, c'est probablement de l'absinthe. Le chih sent le camphre et reste beaucoup plus doux. En cas de doute, n'achetez pas.

Comparaison entre le chih (armoise blanche, الشيح) et la grande absinthe (chajret Meriem, chiba) : noms en Algérie et au Maroc, aspect, goût et risques
Chih ou absinthe : les repères pour ne pas confondre les deux armoises chez l'attar.

L'armoise annuelle, rare au Maghreb, sert surtout de tisane en Afrique centrale. Notre article sur Artemisia annua et le diabète au Kivu détaille ce cas, très différent du chih vendu à Oran ou à Oujda.

Que disent les études sur l'armoise blanche et la glycémie ?

Les données humaines restent minces. Une étude préliminaire ancienne a testé un extrait aqueux d'Artemisia herba-alba chez des patients diabétiques et rapporte une baisse de la glycémie (Al-Waili, 1986, Clinical and Experimental Pharmacology and Physiology) [5]. Petit effectif, méthode datée : ce résultat ne fixe ni dose ni durée.

Chez l'animal diabétique, un extrait de la plante a aussi modifié plusieurs paramètres sanguins (Al-Shamaony et al., 1994, Journal of Ethnopharmacology) [11]. Ce sont des pistes, pas une base de traitement. L'intérêt se comprend : au Maroc, 10,6 % des adultes sont diabétiques et 10,4 % prédiabétiques (STEPS Maroc 2017-18) [1].

Pour la préparation prudente de l'infusion, lisez notre dossier chih et glycémie au Maroc. Côté algérien, une autre plante des steppes, la chendgoura, a son propre guide sur Ajuga iva et le diabète.

Quels sont les dangers de l'absinthe et de sa thuyone ?

L'absinthe contient de la thuyone. Cette molécule agit sur les récepteurs GABA-A du cerveau, ce qui explique son potentiel convulsivant (Höld et al., 2000, Proceedings of the National Academy of Sciences) [7]. Une revue décrit le double visage de la plante, neurotoxique mais aussi étudiée pour d'autres effets (Lachenmeier, 2010, Journal of Ethnopharmacology) [8].

Une évaluation du risque lié à la thuyone dans les aliments et les plantes plaide pour mieux encadrer les expositions répétées (Lachenmeier et Uebelacker, 2010, Regulatory Toxicology and Pharmacology) [9]. Concrètement, un brin occasionnel dans le thé d'hiver n'a rien d'une cure quotidienne. Pas d'infusion concentrée, pas de teinture, jamais d'huile essentielle par voie interne.

La monographie européenne de la grande absinthe réserve son usage à l'adulte et l'exclut en cas d'hypersensibilité aux astéracées, d'obstruction biliaire, de cholangite ou de maladie du foie (EMA/HMPC, 2020) [10].

Qui doit éviter le chih et l'absinthe ?

  • Femmes enceintes ou qui allaitent : faute de données suffisantes, l'usage de la grande absinthe n'est pas recommandé pendant la grossesse et l'allaitement (EMA/HMPC, 2020) [10]. Évitez aussi le chih, sans données de sécurité. À Guelmim, il figure parmi les plantes les plus prises par les femmes enceintes, dans une enquête où déclencher l'accouchement est un motif fréquent (Kamel et al., 2022, Healthcare) [12].
  • Personnes épileptiques ou sous anticonvulsivant : par prudence, évitez l'absinthe. La thuyone agit sur les récepteurs GABA-A et peut abaisser le seuil des convulsions (Höld et al., 2000, Proceedings of the National Academy of Sciences) [7]. C'est une précaution liée à la thuyone, pas une contre-indication de la monographie européenne.
  • Personnes sous antidiabétiques (metformine, sulfamides, insuline) : l'effet possible du chih peut s'ajouter au traitement et provoquer une hypoglycémie, un effet suggéré par l'étude préliminaire chez des patients diabétiques (Al-Waili, 1986) [5].
  • Personnes allergiques aux astéracées, ou atteintes d'une maladie du foie, d'une cholangite ou d'une obstruction des voies biliaires : la grande absinthe est contre-indiquée (EMA/HMPC, 2020) [10].
  • Enfants et adolescents : l'usage de la grande absinthe n'est pas recommandé avant 18 ans (EMA/HMPC, 2020) [10], et le chih est à éviter chez l'enfant faute de données.

N'arrêtez jamais un traitement prescrit pour le remplacer par une plante. Sueurs, tremblements, confusion : prenez du sucre, mesurez votre glycémie et consultez. En cas de convulsions ou de malaise grave, appelez le SAMU au 141 ou la Protection civile au 15.

Sources

  1. Enquête nationale sur les facteurs de risque communs des maladies non transmissibles 2017-2018 : rapport (STEPS Maroc 2017-18)— Ministère de la Santé du Maroc · Ministère de la Santé du Maroc / Organisation mondiale de la Santé · 2018
  2. Ethnobotanical survey of medicinal plants used for the treatment of diabetes, cardiac and renal diseases in the North centre region of Morocco (Fez-Boulemane)— Jouad H, Haloui M, Rhiouani H, El Hilaly J, Eddouks M · Journal of Ethnopharmacology · 2001
  3. Ethnopharmacological survey of medicinal plants used for the treatment of diabetes mellitus, hypertension and cardiac diseases in the south-east region of Morocco (Tafilalet)— Eddouks M, Maghrani M, Lemhadri A, Ouahidi ML, Jouad H · Journal of Ethnopharmacology · 2002
  4. Ethnopharmacological survey of plants used in the traditional treatment of hypertension and diabetes in south-eastern Morocco (Errachidia province)— Tahraoui A, El-Hilaly J, Israili ZH, Lyoussi B · Journal of Ethnopharmacology · 2007
  5. Treatment of diabetes mellitus by Artemisia herba-alba extract: preliminary study— Al-Waili NS · Clinical and Experimental Pharmacology and Physiology · 1986
  6. The genus Artemisia: a comprehensive review— Bora KS, Sharma A · Pharmaceutical Biology · 2011
  7. Alpha-thujone (the active component of absinthe): gamma-aminobutyric acid type A receptor modulation and metabolic detoxification— Höld KM, Sirisoma NS, Ikeda T, Narahashi T, Casida JE · Proceedings of the National Academy of Sciences · 2000
  8. Wormwood (Artemisia absinthium L.)--a curious plant with both neurotoxic and neuroprotective properties?— Lachenmeier DW · Journal of Ethnopharmacology · 2010
  9. Risk assessment of thujone in foods and medicines containing sage and wormwood--evidence for a need of regulatory changes?— Lachenmeier DW, Uebelacker M · Regulatory Toxicology and Pharmacology · 2010
  10. European Union herbal monograph on Artemisia absinthium L., herba (EMA/HMPC/751490/2016 Corr. 1)— EMA/HMPC · European Medicines Agency (EMA), Committee on Herbal Medicinal Products (HMPC) · 2020
  11. Hypoglycaemic effect of Artemisia herba alba. II. Effect of a valuable extract on some blood parameters in diabetic animals— Al-Shamaony L, Al-Khazraji SM, Twaij HA · Journal of Ethnopharmacology · 1994
  12. Use of Medicinal Plants during Pregnancy, Childbirth and Postpartum in Southern Morocco— Kamel N, El Boullani R, Cherrah Y · Healthcare (Basel) · 2022

Questions fréquentes

Comment dit-on artemisia en arabe algérien ?

En arabe algérien, l'artemisia la plus courante, Artemisia herba-alba, se dit chih (الشيح). Les parlers amazighs disent izri ou wazri. Le mot latin couvre pourtant tout un genre de plantes : pour la grande absinthe, on entend plutôt chajret Meriem. Demandez toujours à voir et à sentir la plante avant d'acheter.

Comment dit-on absinthe en arabe algérien ?

En Algérie, la grande absinthe est souvent appelée chajret Meriem (شجرة مريم), mais ce nom varie selon les régions et peut désigner une autre armoise. Au Maroc, on dit chiba (شيبة), et l'arabe standard dit afsantine (أفسنتين). Son goût très amer aide à la reconnaître chez l'herboriste.

Le chih peut-il remplacer un traitement du diabète ?

Non. Les données humaines sur le chih et la glycémie restent préliminaires, et aucune dose sûre n'est établie. Si vous prenez de la metformine, un sulfamide ou de l'insuline, l'infusion peut ajouter son effet et provoquer une hypoglycémie. Parlez-en à votre médecin et ne modifiez jamais votre traitement seul.

Peut-on boire du thé à l'absinthe tous les jours ?

Non. L'absinthe contient de la thuyone, une molécule neurotoxique en usage répété. Un brin occasionnel dans le thé d'hiver reste une habitude familiale, pas une cure. Elle est à éviter pendant la grossesse, l'allaitement, chez l'enfant et en cas d'épilepsie. Jamais d'huile essentielle ni de teinture par voie interne.