Sésame
Sesamum indicum
Vue d'ensemble
Le sésame est Sesamum indicum L., une plante annuelle de la famille des Pédaliacées, cultivée pour ses petites graines plates, blanches, dorées ou noires. C'est une culture de rente importante au Sahel : on le connaît sous le nom de bène au Sénégal, de bènè au Mali et au Burkina Faso, et de ridi en haoussa au Niger. Au Maghreb, la graine s'appelle jeljlane (جلجلان) ou simsim (سمسم). Elle entre dans les pâtisseries de fête, le pain, le sellou et la tahina, une pâte de sésame broyé. Les graines sont riches en lipides, surtout des acides gras insaturés, et apportent des protéines, des fibres, du calcium, du magnésium et du fer. Elles contiennent aussi des lignanes propres au sésame, la sésamine et la sésamoline, qui donnent à l'huile sa bonne résistance au rancissement. L'huile de sésame vierge sert en cuisine et, en usage traditionnel, en massage. Le sésame fait-il baisser la tension ? Une méta-analyse de huit essais contrôlés (843 participants) a trouvé une baisse moyenne de 7,8 mmHg de la pression systolique et de 5,8 mmHg de la diastolique. Les résultats variaient beaucoup d'un essai à l'autre : en ne gardant que les quatre essais de meilleure qualité, la baisse de la systolique tombait à 3,2 mmHg et celle de la diastolique n'était plus significative (Khosravi-Boroujeni et al., Journal of the Science of Food and Agriculture, 2017). Les auteurs demandent des essais plus grands. Et la glycémie ? Dans une méta-analyse de huit essais chez des personnes atteintes de diabète de type 2 (395 participants), la consommation de sésame a fait baisser la glycémie à jeun et l'hémoglobine glyquée d'environ 1 point, sans changer l'insuline à jeun (Ramírez-Coronel et al., Phytotherapy Research, 2023). Une méta-analyse plus récente de 13 essais (521 participants, de 4 à 12 semaines) confirme une baisse de l'hémoglobine glyquée et de deux marqueurs d'inflammation, la CRP et l'interleukine-6, avec un effet limite sur la glycémie à jeun (Jafari et al., Nutrition & Metabolism, 2025). Les essais sont petits, courts et surtout menés en Iran et en Inde. Le sésame reste donc d'abord un aliment. Il peut prendre place dans une alimentation équilibrée, en tenant compte de sa richesse en calories. Il ne remplace ni un traitement contre la tension, ni un antidiabétique.
Nom scientifique
Sesamum indicum
Piliers santé
Composés actifs
Noms locaux
Usages traditionnels
- Tension artérielle : baisse modeste de la pression systolique dans une méta-analyse d'essais contrôlés, plus faible dans les essais de bonne qualité
- Diabète de type 2 : baisse de la glycémie à jeun et de l'hémoglobine glyquée dans des méta-analyses de petits essais
- Graines nutritives : lipides insaturés, protéines, fibres, calcium, magnésium et fer
- Lignanes (sésamine, sésamoline) étudiées pour leur effet sur l'inflammation et les lipides sanguins
Preuves traditionnelles
Sésame est intégrée dans les pratiques médicinales traditionnelles de plusieurs pays d'Afrique francophone. Son usage est documenté dans les marchés, les familles et les pratiques des guérisseurs locaux.
Connue localement sous plusieurs noms vernaculaires selon les communautés — ce qui témoigne de son enracinement culturel dans la phytothérapie régionale.
Preuves scientifiques
Peu d'études cliniques sur cette plante.
Précautions et contre-indications
Allergie : le sésame est un allergène alimentaire majeur. C'est une cause importante d'anaphylaxie au Moyen-Orient, et la prévention repose sur l'éviction stricte, car les expositions accidentelles sont fréquentes (Adatia et al., Journal of Asthma and Allergy, 2017). En cas de gonflement des lèvres, d'urticaire ou de gêne respiratoire après en avoir mangé, appeler les urgences. Les personnes allergiques doivent lire les étiquettes (tahina, halva, pains, huiles). Diabète : chez les personnes sous antidiabétiques, le sésame pourrait ajouter son effet sur la glycémie ; surveiller sa glycémie et en parler au médecin si l'on en consomme beaucoup. Tension : sous traitement antihypertenseur, en parler au médecin avant d'en faire une cure. Calories : 100 g de graines apportent beaucoup d'énergie ; garder des portions modérées en cas de surpoids. Grossesse et allaitement : sans risque connu en quantité alimentaire ; éviter les compléments concentrés en sésamine faute de données. Ne jamais arrêter un traitement prescrit pour le remplacer par le sésame.
Toujours consulter un professionnel de santé qualifié avant d'utiliser cette plante, en particulier si vous avez des conditions médicales préexistantes ou prenez des médicaments.
Modes de préparation
Graines crues ou grillées, parsemées sur les plats, le pain ou les salades Tahina (pâte de graines broyées) ou graines pilées dans les sauces et les pâtisseries Huile de sésame vierge en assaisonnement ou en cuisson douce Usage traditionnel externe : huile de sésame en massage Quantités et durées : demandez l'avis d'un professionnel de santé.
Ces informations sont indicatives. La préparation exacte dépend de la partie de la plante utilisée, de sa disponibilité locale, et de votre condition de santé. Consultez un tradipraticien ou un professionnel de santé pour un protocole adapté.
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Sidr
Le sidr est Ziziphus spina-christi (L.) Desf., un jujubier épineux de la famille des Rhamnacées, appelé en français jujubier de Palestine ou épine du Christ. C'est un arbre des zones sèches. Selon la World Checklist of Vascular Plants (Kew), il est indigène du Sahel (Sénégal, Mali, Niger notamment), de la vallée du Nil, de la péninsule Arabique, du Proche-Orient et d'Iran, et seulement introduit en Algérie et en Tunisie. Ses feuilles ovales et luisantes portent trois nervures bien visibles, et ses rameaux ont des épines par paires. Ses petits fruits ronds, jaunes puis brun-rouge, ont une pulpe farineuse et sucrée autour d'un noyau. En arabe, l'arbre est le sidr (السدر) et son fruit le nabq (النبق). La base taxonomique GRIN du Département de l'agriculture des États-Unis cite aussi « kurna » parmi ses noms vernaculaires. Le nom « sidr » ne désigne pas toujours la même plante. Au Maghreb, le jujubier sauvage local est Ziziphus lotus, la sedra, dont le fruit s'appelle aussi nbeg ou nabq : il a sa propre fiche sur SantéSource. Une étude ethnobotanique note que « sidr » sert aussi de nom courant pour Z. lotus (Dafni et al., Journal of Ethnobiology and Ethnomedicine, 2005). Chez l'attar, une poudre de feuilles vendue sous le nom de sidr peut donc venir de l'une ou l'autre espèce, et l'étiquette ne dit pas laquelle. Le jujubier sahélien, Z. mauritiana, est encore une autre plante. Les résultats obtenus sur une espèce ne valent pas pour une autre. Les usages du sidr sont d'abord traditionnels. Dans la tradition musulmane, des feuilles trempées dans l'eau servaient à laver le corps des défunts, en Iran, en Irak, en Inde et en Arabie saoudite, et une source ancienne rapporte que les femmes d'Égypte et du Levant s'en servaient pour se coiffer (Dafni et al., 2005). Le lotus du Coran est généralement identifié à cet arbre, que les musulmans tiennent pour sacré (Dafni et al., 2005). La poudre de feuilles, délayée dans de l'eau tiède, reste employée comme shampoing traditionnel. Les feuilles contiennent des saponines, dont la christinine-A, qui sert de marqueur chimique de l'extrait (Michel et al., Journal of Ethnopharmacology, 2011). Le fruit, frais ou séché, se mange comme une friandise. Une revue recense aussi des usages traditionnels contre le diabète, les troubles digestifs, les problèmes de foie, les infections de la peau, les troubles urinaires et l'insomnie (Abdulrahman et al., Advances in Pharmacological and Pharmaceutical Sciences, 2022). Que dit la science sur les cheveux et la peau ? Une équipe égyptienne a formulé un shampoing entièrement végétal à partir d'extraits de trois plantes, le sidr, le saule et la réglisse, évalué en laboratoire. L'extrait de sidr avait la plus forte teneur en polyphénols, riche aussi en cuivre, en zinc et en manganèse, et la meilleure activité antioxydante des trois (Bakr et al., Journal of Pharmacy and Bioallied Sciences, 2019). C'est un travail de formulation : aucune étude ne montre que le sidr fait pousser les cheveux ou arrête leur chute. Le seul essai clinique trouvé porte sur l'acné. En Iran, des personnes de 15 à 45 ans atteintes d'acné légère à modérée (80 annoncées par les auteurs) ont appliqué pendant six semaines une solution de sidr ou un placebo, en plus d'un antibiotique local, la clindamycine à 1 %. Parmi les 68 qui ont terminé l'essai, les lésions ont davantage baissé dans le groupe sidr, sans effet indésirable grave (Shakiba et al., Journal of Dermatological Treatment, 2021). C'est un essai unique et de petite taille. Et la glycémie ? Chez le rat rendu diabétique, un extrait de feuilles donné pendant 28 jours a fait baisser la glycémie et l'hémoglobine glyquée, et augmenté l'insuline (Michel et al., 2011). Chez des rats obèses et diabétiques, des extraits de fruits et de feuilles ont réduit la glycémie et le poids (Alshammari et al., RSC Advances, 2025). En laboratoire, des extraits de la plante freinent l'alpha-glucosidase, une enzyme qui découpe les sucres dans l'intestin (Elbashir et al., BMC Complementary and Alternative Medicine, 2018, étude de 18 plantes soudanaises). Nous n'avons trouvé aucun essai chez des personnes diabétiques, et la revue de 2022 rappelle que la sécurité et l'efficacité du sidr n'ont pas été pleinement évaluées chez l'humain. Le sidr ne remplace pas un traitement.
Safou
Prunier africain dont le fruit oblong à pulpe violette se consomme ramolli à l'eau chaude ou à la braise. La pulpe est très riche en acides gras (oléique, palmitique, linoléique), en protéines et en tocophérols. Écorce, résine et feuilles sont documentées dans la pharmacopée d'Afrique centrale. Safou et hypertension : les données connues sur ce fruit portent sur la composition de sa pulpe (acides gras, protéines, tocophérols), pas sur un effet mesuré sur la tension artérielle. Le safou ne remplace donc aucun traitement antihypertenseur. Sa richesse en graisses en fait un fruit très énergétique : si vous surveillez votre poids ou votre tension, consommez-le avec modération et limitez le sel parfois ajouté à la préparation. Côté bienfaits, le safoutier (Dacryodes edulis) apporte surtout de l'énergie, des protéines végétales et des antioxydants, tandis que les usages de l'écorce, de la résine et des feuilles relèvent de la pharmacopée traditionnelle d'Afrique centrale. En cas d'hypertension, de grossesse ou de traitement en cours, consultez un professionnel de santé avant tout usage autre qu'alimentaire.
Goron tula
Le goron tula (gorontula, gorontoula) est le fruit d'Azanza garckeana, un petit arbre de la famille des Malvacées que les botanistes rattachent aujourd'hui au genre Thespesia (Thespesia garckeana). Son nom haoussa signifie « la noix de Tula », d'après une localité de l'État de Gombe, au nord du Nigeria, d'où partent une grande partie des fruits vendus à Niamey, Cotonou, Ouagadougou et Abidjan. L'arbre pousse aussi à l'état sauvage du Cameroun jusqu'à l'Afrique australe, où on l'appelle « snot apple » ou chewing-gum africain. Le fruit sec, brun et côtelé, se mâche sans les graines : sa pulpe libère un mucilage sucré et gluant. La tradition haoussa en fait un fruit du désir et du confort intime, pour la femme comme pour l'homme. En Zambie, la racine sert traditionnellement à déclencher le travail chez la femme enceinte, et ses extraits contractent l'utérus de rat en laboratoire (Chanda et al., 2020, Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine). Les autres données scientifiques sont précliniques. Chez le rat diabétique, un extrait de pulpe a montré des effets antioxydants, anti-inflammatoires et hypoglycémiants (Lawal et al., 2022, Biomedicine & Pharmacotherapy). Chez le lapin mâle exposé au bisphénol A, l'extrait a limité l'atteinte des testicules et du sperme (Itodo et al., 2022, Theriogenology). Des extraits de feuilles et d'écorce ont montré en laboratoire une activité contre quatre bactéries pouvant causer des infections respiratoires (Dakwa et al., 2025, Microbial Pathogenesis). Aucun essai chez l'humain n'a mesuré d'effet sur la libido, la lubrification ou la fertilité : le goron tula reste un fruit traditionnel, pas un traitement de l'infertilité.